Comme dans la Rome antique où les empereurs transmettaient à travers une statue leur image au peuple, les candidats à la présidence des Etats-Unis transmettent aux électeurs, par les photos diffusées d’eux dans la presse et dans leur campagne, une certaine vision d’eux-mêmes, de leurs valeurs et de leur ligne politique.
Tout au long de cette année électorale aux Etats-Unis, on a assisté à la naissance d’une icône: Barack Obama.
Charismatique, photogénique et excellent orateur, il déchaîne les foules et remporte haut la main la bataille médiatique. Face à l’engouement des médias pour le personnage et à la masse des clichés parus, Metropolis a plutôt choisi de pratiquer l’arrêt sur image.

Reportage diffusé dans METROPOLIS le 25 octobre à 20h15 (rediffusion le 26 octobre 2008 à 12h00) 
Qu’est-ce que toutes ces photos nous racontent ?
Pour son image officielle de campagne, Barack Obama a choisi une représentation artistique, en rouge et bleu. Une image plus abstraite que les photos qu'on a l'habitude de voir dans une campagne. Cette représentation a eu un gros impact en parce qu’elle était originale et puissante, à l’image aussi de la politique de changement portée par Obama. Avec cette image Obama tente de se poser comme la figure d’une nouvelle ère politique.
La photo idéale selon le candidat démocrate est celle qui le représente au sein d'une foule mélangée, métissée, à l'image de la nation américaine.
Obama doit séduire le maximum d'électeurs américains et n’a pas trop intérêt à apparaître comme le candidat d'une seule communauté. Obama ne met jamais en avant sa race. Au contraire, il joue surtout sur le fait qu’il est un candidat crédible à la présidence, un candidat qui peut servir tous les citoyens. Mais la presse américaine, même celle qui lui est favorable, le réduit souvent à ça, en mettant en avant sa couleur de peau. Preuve qu’Obama ne contrôle pas toujours son image dans un système pourtant extrêmement verrouillé.
Tous les présidents de Roosevelt à Bush et évidemment Reagan ont entretenu une relation étroite avec le mythe du cow-boy.
C’est le symbole américain authentique, reconnu par tous. La campagne 2008, aux allures de duel n’y échappe pas. Et Obama non plus. Mais l’image du cow-boy et du far west fonctionne à la fois comme modèle et repoussoir. La figure du cow-boy est associée au Parti républicain, plutôt revendiqué par les conservateurs. Et depuis 8 ans, elle est surtout attachée au président sortant, George W. Bush.
Obama a aussi à se défaire de cette idéologie. Peut-être que l’image du président cow-boy va s’éteindre, pour un temps, avec George Bush. Le 4 novembre prochain, l’Amérique pourrait s’inventer une nouvelle mythologie.
Un sujet d'Olivier Mirguet