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Le 28 juin 2009 à 20:45 - 26/06/09

Papillon

Un film de Franklin J. Schaffner


Aventure, amitié et évasion(s) en milieu hostile. Avec Steve McQueen et Dustin Hoffman superbes bagnards tirés du livre à succès d’Henri –Papillon- Charrière.

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Si vous avez manqué le début…

Le vent souffle. Trois hommes traversent une cour d’un pas martial, puis s’arrêtent en haut d’un escalier d’où, entourés du reste du personnel du pénitencier, ils accueillent les futurs bagnards. Roulement de tambour. Les prisonniers sont informés qu’ils sont désormais sous le régime de l’administration pénitentiaire de Guyane Française, qu’après avoir purgé leur peine, ceux qui ont écopé de plus de huit ans de travaux forcés devront rester en tant que « travailleurs libres » pour une période équivalente à celle de leur condamnation initiale. On leur annonce enfin que la France les a reniés et qu’ils peuvent se rhabiller. La caméra jusque-là focalisée sur l’orateur, dévoile maintenant en plan très large les prisonniers nus, de dos, vus depuis un haut mur d’enceinte surmonté par un mirador. Le vent tombe brusquement, silence ; dans d’étouffantes ruelles bien françaises des badauds regardent passer des condamnés. Parmi ceux-ci, il y a Louis Dega (Dustin Hoffman) qui fait un petit signe à une dame élégante, et il y a Papillon (Steve McQueen) auquel une femme moins distinguée promet qu’il reviendra bientôt. Mais sur le bateau où ils embarquent ensuite, on apprend que Papillon a été condamné à perpétuité pour le meurtre d’un proxénète et que sa seule chance de retrouver la liberté sera donc de s’évader. Papillon propose un marché au riche faussaire Dega : protection contre financement de l’évasion. Dega, qui craint qu’on lui ouvre le ventre pour récupérer son magot planqué là, accepte.

 

Un livre à succès

En 1969, l’éditeur français Robert Laffont publie le manuscrit de l’ancien bagnard Henri Charrière dit Papillon. Récit d’une déportation carcérale, des conditions de détention effroyables dans les geôles guyanaises et des tentatives d’évasion répétées jusqu’à la bonne (la belle) : le livre « Papillon » devient très vite un énorme succès mondial. La réalité strictement autobiographique de ces aventures a été remise en question depuis, Charrière a très probablement mêlé ses propres expériences à celles de quelques autres bagnards (René Belbenoît par exemple) pour écrire « Papillon », 25 ans après son ultime évasion. Mais, après tout, ce qui compte, c’est l’essence du livre…

 

Papillon sous les sunlights

Une histoire si bien contée, si riche en péripéties et si pleine d’un vrai potentiel cinématographique ne pouvait bien sûr qu’intéresser Hollywood. Les droits d’adaptation sont achetés par un Américain, puis repassent du côté français quand le producteur Robert Dorfmann (« La grande vadrouille » et tant d’autres) les acquiert à son tour. En accord avec Robert Laffont, il décide que le film sera tourné en anglais et confie le poste de metteur en scène à Franklin J. Schaffner, réalisateur notamment de « La planète des singes », tout juste oscarisé pour « Patton ». Steve McQueen s’impose immédiatement pour le rôle titre et face à lui on pense à Dustin Hoffman, pour lequel un personnage est développé. L’histoire de Papillon est donc à nouveau réajustée, au format cinéma cette fois, par les scénaristes Lorenzo Semple Jr. et Dalton Trumbo –l’un des Dix d’Hollywood, injustement emprisonné, puis blacklisté pendant plusieurs années. Trumbo, dont c’est le dernier film avant sa mort trois ans plus tard, apparaît brièvement dans le rôle du commandant.

 

Souffle épique et suspension de souffle

Papillon victime d’une erreur judiciaire ? C’est ce qu’Henri Charrière ne cessa jamais de répéter, c’est aussi ce que le Papillon du film affirme. De toute façon, coupable ou innocent –« Personne n’est innocent » rétorque Dega-, ça n’a pas d’importance car rien ne saurait justifier le traitement auquel sont soumis les prisonniers, asservis, torturés, déshumanisés. Là réside l’enjeu et la beauté du film : la soif de liberté de Papillon est aussi une nécessité absolue de dignité humaine que rien ne parvient à briser, à corrompre. Le film dose magnifiquement les moments forts, le suspens, l’aventure, les détails historiques avérés, et les scènes plus abstraites, où le son disparaît, où les fantasmagories, la folie peuvent s’immiscer. Un silence cauchemardesque qui revient, ponctuation du néant, absorbé in fine par le bruit des vagues libératrices et la musique de Jerry Goldsmith.

 

Jenny Ulrich

 

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Papillon
vendredi, 24 juillet 2009 à 00:05
Pas de rediffusion
(Etats-Unis, 1973, 139mn)
ARTE

Edité le : 26-06-09
Dernière mise à jour le : 26-06-09