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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie du 14 janvier 2009 - 19/01/09

Parc

D’Arnaud Des Pallières


( note Arte: 4 ) « Parc » éprouve la réception du spectateur face à un cinéma libre et d’obédience prioritairement sensualiste.

  • Interview d'Arnaud Des Pallières
  • Interview de Jean-Marc Barr
  • Interview de Sergi Lopez
  • Trailer : " Parc "

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(France, 2008, 1h49)
Avec Jean-Marc Barr, Sergi Lopez, Nathalie Richard, Laurent Delbecque…
Sélection Mostra de Venise 2008

Synopsis : Georges Clou vit dans une de ces nouvelles banlieues résidentielles. Marié, il part au bureau le matin, va à la messe le dimanche, aime sa femme, son fils, son chien. Paul Marteau est jeune, beau, riche, intelligent. Mais déchiré entre la sévérité du jugement qu'il porte sur le monde et son désir malgré tout d'y appartenir. Un jour, par hasard, les chemins des deux hommes se croisent. Clou y voit l'occasion d'une nouvelle et sincère amitié. Marteau, lui, y trouve une nouvelle raison de vivre : crucifier l'idéal de bonheur de l'homme occidental, et son incarnation en la personne de Georges Clou. Un clou est une victime rêvée pour un marteau.

Un extrait du film

Exclusifs : interviews de

Arnaud Des Pallières
Jean-Marc Barr
Sergi Lopez
Interviews menées par Olivier Bombarda (Venise - septembre 2008)


Critique : Parce qu’Arnaud Des Pallières tenait à réaliser un film dont il ne serait pas l’auteur du scénario - comme ce fut le cas pour ses œuvres précédentes de «Drancy Avenir» (1996) à «Adieu» (2004)- , «Parc» est l’adaptation de «Bullet Park», un roman d’un écrivain américain peu connu en Europe, John Cheever. Attiré par la forme de cet ouvrage étrange qui mélange plusieurs personnages, de nombreux monologues intérieurs, de multiples digressions tout en privilégiant les sauts dans le temps, Des Pallières s’en accapare la trame qui dénonçait aux Etats-Unis en 1967 des communautés recluses d’individus très riches, tout en la transposant à la Riviera française d’aujourd’hui : dans le sud de la France, Georges Clou (Sergi Lopez) vit avec sa femme (Nathalie Richard) et son fils atteint d’une mystérieuse apathie dans une somptueuse villa au sein d’une résidence nommée « Le Parc ». Un jour, Paul Marteau (Jean-Marc Barr) nouveau venu et sans attaches, cherche à s’y installer… Avec un scénario très ténu et déconstruit, Arnaud Des Pallières se concentre sur son objectif principal : créer une ambiance mêlée de mélancolie et d’insolite qui contamine tous ses personnages. Dès son introduction « Parc » convoque à l’image des partis pris esthétiques proches de la trilogie récente de Gus Van Sant («Gerry», «Elephant» ou «Last Days»), tant par la physionomie et la sensualité de Laurent Delbecque (le fils Clou) dans le rôle d’un adolescent en pleine dépression, que par des décors ultra frimes qui enserrent ses protagonistes comme dans une bulle. Alliée principale de Des Pallières, la bande son issue du trio Jean-Pierre Duret (réalisateur du « Puisque nous sommes nés », film également à la Mostra de Venise en 2008), Olivier Mauvezin et du musicien Martin Wheeler, évoque quant à elle le cinéma de David Lynch et restitue toute la finesse, la puissance et la dimension d’un espace inquiétant, fascinant, unique.

Parc
(France, 2008, 109 min.)
D’Arnaud Des Pallières
Avec Jean-Marc Barr, Sergi Lopez, Nathalie Richard, Laurent Delbecque…
Jean-Marc Barr et Sergi Lopez dont Arnaud Des Pallières tire l’innocence et une grâce contrite évoluent de fait dans une étrangeté permanente, une perte de repères qui paradoxalement s’érige comme une véritable boussole en direction de ressentis troublants pour la transcription du malaise de la société occidentale. Repoussant en définitive toute forme d’interprétation psychologique, objet éminemment original, courageux et spectaculaire, «Parc» éprouve avant tout la réception du spectateur face à un cinéma libre et d’obédience prioritairement sensualiste.

Olivier Bombarda

  • En savoir plus :
Le site de l'artiste canadien Gregory Chatonsky autour du film

A paraître aux éditions Grasset :
"Anatomie d'un film"
Document de Jacques Mandelbaum

"Ce livre est un exercice inédit : raconter comment un film se monte en France aujourd'hui. Cette chronique commence en septembre 2004 avec l'écriture d'un scénario, et s'achève en octobre 2008, trois mois avant sa sortie dans les salles françaises. Réalisateur puissant et inspiré, nourri de littérature et de philosophie autant que de cinéma, Arnaud Des Pallières invente une œuvre qui revendique à la fois la stylisation artistique et l'engagement politique. Qui assume l'héritage d'une haute culture et se confronte directement à son époque. Qui regarde aussi bien du côté de Conrad et de Duras que de Godard et de Lynch.
Ni monographie, ni journal de tournage, cette enquête raconte, étape par étape, le processus de fabrication d'un film, et analyse les enjeux, financiers, artistiques et humains, qui conditionnent cette mise en œuvre, le plus souvent à l'insu du grand public. Il s'agit de passer derrière l'écran, pour percer le mystère, généralement fort bien gardé, de cet art qui est aussi une industrie. C'est donc l'histoire exemplaire d'une production qui tente d'élargir l'audience d'un auteur dont la reconnaissance demeure confidentielle, et qui se heurte de plein fouet à la plus grave crise de financement jamais traversée par le cinéma indépendant français. "


Edité le : 12-01-09
Dernière mise à jour le : 19-01-09