Pearl Harbor de Michael Bay (2001)Sc : Randall Wallace.Prod : Michael Bay, Jerry Bruckheimer.Int : Ben Affleck, Josh Hartnett, Kate Beckinsale.Durée : 2h58.Deux pilotes de l’armée américaine, amoureux de la même femme, livreront bataille contre les Japonais après la très meurtrière attaque de Pearl Harbor.
Tora ! Tora ! Tora ! relatait le plus fidèlement possible l’attaque du 7 décembre 1941. Le film de Michael Bay, au contraire, ne cesse de déformer les faits. A la décharge du cinéaste il convient de préciser qu’il n’a jamais prétendu réaliser un documentaire historique ; son but premier était de raconter une histoire d’amour ayant pour cadre l’attaque de Pearl Harbor.
Malgré tout, dès lors qu’un événement historique est reconstitué sur grand écran, le spectateur est en droit d’attendre un minimum de véracité. La liste des erreurs grossières du film serait trop longue à établir, mais voici tout de même quelques exemples : le porte-avions Arizona fut atteint après plus de vingt minutes de bombardements, ici il est immédiatement touché ; l’héroïne - qui se trouve à Hawaii - suit en direct, par le biais d’une radio, le raid mené par le pilote Doolittle sur le Japon, or les technologies de l’époque étaient tout simplement incapables de transmettre une communication sur une si longue distance ; gardons le meilleur pour la fin : la scène ridicule où l’on voit le Président Roosevelt, handicapé moteur, s’extirpant dans une geste de rage de son fauteuil roulant…
Le Pentagone, particulièrement sensible à l’authenticité des faits exposés, a pourtant collaboré pleinement au tournage (conseils techniques, aide logistique, fourniture de matériel) et même à la promotion de ce long métrage (un porte-avions fut spécialement affrété à Hawaii pour la première du film…).
Si les forces armées ont accepté de fermer les yeux, c’est parce qu’elles étaient persuadées que le film permettrait d’éveiller l’intérêt des Américains pour cette période, de ranimer leur patriotisme. L’Histoire avec un grand H ne faisait vraiment pas le poids face à cette stratégie de communication. Cette tactique se révéla particulièrement payante. Une étude commandée par le producteur Disney montra qu’à la sortie du film la couverture médiatique de l’attaque de Pearl Harbor fut trois fois plus importante qu’au moment de la célébration de son cinquantième anniversaire…