Un ministre qui trinque avec son homologue chinois après un contrat juteux : intention bonne, mais conséquences désastreuses. À qui la faute ? Jusqu’où doit-on assumer ses actes lorsqu’ils nous échappent ? Que peut l’intention pure contre le résultat pernicieux ? Raphaël Enthoven et son invité Gérôme Truc nous guident dans le dédale de la responsabilité.
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Références principales :
Arendt H., Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, tr. fr. A. Guérin, Paris, Gallimard, 1966 (1963).
Arendt H., Considérations morales, tr. fr. M. Ducassou, Paris, Rivages, 1996 (1971).
Arendt H., Responsabilité et jugement, ed. J. Kohn, tr. fr. J.-L. Fidel, Paris, Payot, 2005 (2003).
Anders G., Nous, fils d’Eichmann, tr. Fr. S. Cornille et Ph. Ivernel, Paris, Rivages, 2003 (1988).
Jaspers K., La culpabilité allemande, tr. fr. J. Hersch, Paris, Minuit, 1990 (1946).
Jonas H., Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, tr. fr. J. Greisch, Paris, Flammarion, 1998 (1979).
Georges Simmel, Le conflit, préface de J. Freund, Circé, collection « Circé Poche », 1995
Weber M., Le savant et le politique, tr. fr. J. Freund, Paris, Plon, 1998 (1959).
Ricœur P., « Le concept de responsabilité. Essai d’analyse sémantique » (1994), Le Juste 1, Paris, Esprit, 2001 (1995), p. 41-70.
Une bibliographie plus complète peut être consultée dans :
Truc G., Assumer l’humanité. Hannah Arendt : la responsabilité face à la pluralité, Bruxelles, éditions de l’Université de Bruxelles, 2008.
Les principales publications de Gérôme Truc:
- Assumer l'Humanité : Hannah Arendt : la responsabilité Face à la pluralité, Université De Bruxelles Eds, collection « Philosophie et société », 2008
- nières publications :
- « Le cosmopolitisme sous le coup de l’émotion. Une lecture sociologique des messages de solidarité en réaction aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid », Hermès, 2006, n°46, p.189-199.
- « La paternité en Maternité. Une étude par observation », Ethnologie Française, 2006, n°2, pp.341-34.
Quelques citations (suivant le déroulement de l’émission) :
Le « paradoxe des conséquences » :
« Le résultat final de l’activité politique répond rarement à l’intention primitive de l’acteur. On peut même affirmer qu’en règle générale il n’y répond jamais et que très souvent le rapport entre le résultat final et l’intention originelle est tout simplement paradoxal. »
Weber M., Le savant et le politique, tr. fr. J. Freund, Paris, Plon, 1998 (1959), p. 199.
« L’action a des conséquences dont on peut dire qu’elles échappent à la circonscription de l’intention ».
Ricœur P., « Le concept de responsabilité. Essai d’analyse sémantique » (1994), Le Juste 1, Paris, Esprit, 2001 (1995), p. 67.
La « banalité du mal » :
« Une bonne conscience n’existe pas, si ce n’est en l’absence d’une mauvaise. »
ARENDT H., Considérations morales, tr. fr. M. Ducassou, Paris, Rivages, 1996 (1971), p.28 (quelques lignes avant la fin de l’introduction et le début du I.)
« Il n’est nullement nécessaire d’avoir un cœur mauvais, phénomène assez rare, pour causer de grands maux »
ARENDT H., Considérations morales, p.34
[EO :“Thinking and Moral Considerations : A Lecture”, Social Research, vol.38 (3), 1971, p. 417-446 ]
Le « principe responsabilité » :
« L’’impératif catégorique de Kant affirmait : "Agis de telle sorte que tu puisses également vouloir que ta maxime devienne une loi universelle." [...] Un impératif adapté au nouveau type de l’agir humain et qui s’adresse au nouveau type de sujets de l’agir s’énoncerait à peu près ainsi : « Agis de façon à ce que les effets de ton action soient compatibles avec la Permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre" [...]. »
JONAS H., Le principe responsabilité, Une éthique pour la civilisation technologique, tr. fr. J. Greisch, Paris, Flammarion, 1998 (1979), p. 39-40.
« Éthique de la conviction » et « éthique de la responsabilité » :
« Toute activité orientée selon l’éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées. Elle peut s’orienter selon l’éthique de la responsabilité [verantwortungsethisch] ou selon l’éthique de la conviction [gesinnungsethisch]. Cela ne veut pas dire que l’éthique de conviction est identique à l’absence de responsabilité et l’éthique de responsabilité à l’absence de conviction. Il n’en est évidemment pas question. Toutefois, il y a une opposition abyssale entre l’attitude de celui qui agit selon les maximes de l’éthique de conviction – dans un langage religieux nous dirions : "Le chrétien fait son devoir et en ce qui concerne le résultat de l’action il s’en remet à Dieu" –, et l’attitude de celui qui dit : "Nous devons répondre des conséquences prévisibles de nos actes". »
Weber M., Le savant et le politique, tr. fr. J. Freund, Paris, Plon, 1998 (1959), p. 206.
L’éthique de responsabilité n’est pas une éthique du renoncement :
« La fatalité, c’est personne, la responsabilité, c’est quelqu’un. »
Ricœur P., « Le concept de responsabilité. Essai d’analyse sémantique » (1994), Le Juste 1, Paris, Esprit, 2001 (1995), p. 60.
« L’on n’aurait jamais pu atteindre le possible si dans le monde on ne s’était pas toujours et sans cesse attaqué à l’impossible. Mais l’homme qui est capable de faire un pareil effort doit être un chef, et non pas seulement un chef, mais encore un héros, dans le sens le plus simple du mot. Et même ceux qui ne sont ni l’un ni l’autre sont obligés de s’armer de la force d’âme qui leur permettra de surmonter le naufrage de tous leurs espoirs. »
Weber M., Le savant et le politique, tr. fr. J. Freund, Paris, Plon, 1998 (1959), p. 221.
* Référence de la remarque de Julien Freund sur le compromis qui ne se confond pas avec la compromission :
FREUND J., « Préface » à SIMMEL G., Le conflit, Paris, Circé, 1995, p. 17.
[ EO du texte de Simmel : chapitre 4 de Soziologie, Leipzig, Dunker & Humblot, 1908 – traduction française intégrale : Sociologie, Paris, PUF, 1999 (chapitre 4 : p. 265 -346). ]






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