Taille du texte: + -
Accueil > Mouvements de cinéma > Actualité Cinéma > Actu cinéma du 14 janvier 2009 > AVANT-PREMIERE PICNIC

Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Avant première à Beaubourg le 20 janvier 2009 / Sortie 4 février 2009 - 27/01/09

Picnic

Dernière minute : contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment, arte.tv ne sera pas en mesure d'assurer l'avant première en ligne de ce film. ARTE. TV vous présente toutes ses excuses.

Previous imageNext image

Le film qui sortira en salle le 4 février, est distribué par Rezo Films.
Avant-première à Beaubourg le 20 janvier 2009

Synopsis : Un pique-nique dominical assorti d’une partie de pêche à la ligne pourrait bien être la seule façon pour Lubi et Mihai, un couple illégitime et en crise, de passer un moment ensemble et de se réconcilier. Une série d’évènements inattendus et déconcertants va exacerber le climat de ce qui aurait dû rester un jour de repos : d’une querelle qui débute à pied et se poursuit en voiture jusqu’à une prostituée qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Renversée par la voiture des amants, Ana s’immisce dans leur intimité et finit par en révéler les mensonges, les ratés et les frustrations.

Ironique et secoué, un curieux jeu de massacre à la roumaine.


Critique : De la ville, d’où part un couple en bisbille, jusqu’à la campagne, où la compagnie d’une prostituée lui donne beaucoup de fil à retordre, «Picnic» pourrait se présenter comme une variation roumaine du film «Délivrance» de John Boorman, soit la collision des citadins présomptueux et d’une provinciale retors. Adrian Sitaru opte pour une forme effectivement remuée, mais dans un cadre délimité : d’abord la voiture, un espace toujours très cinématique (on se souvient de «Ten» d’Abbas Kiarostami), puis les berges d’une rivière tranquille, la destination du fameux pique-nique. Le choix de la caméra portée à l’épaule découle probablement de la volonté de coller au plus près des amants et de leurs soucis, jusqu’à la gêne. L’objectif vient sans cesse les retrouver ou les surprendre, comme s’ils étaient obligés de se confronter directement à ce qui coince, au lieu de se voir offrir l’occasion de l’esquiver le temps d’un sandwich, d’une bière ou d’une sieste au bord de la rivière.

Adrian Sitaru ne craint pas d’être désagréable, mais son jeu reste équitable. L’attitude de chacun des protagonistes ne peut vraisemblablement que leur attirer des ennuis : au lieu de converser, chacun se complait dans un soi-disant esprit de contradiction, en vérité un mensonge pathétique et récurrent. Par son aporie systématique, celui-ci pourrit le couple au lieu de lui offrir une issue. Lubi et Mihai s’agitent, mais font du surplace. Surtout, ils vont trouver plus fort qu’eux. Lubi, au charme délicieusement vulgaire et qui joue sur la corde sensible, et Mihai, au charme viril, qui se contient longuement malgré la situation (enseignant, il est sans doute accoutumé aux situations tendues), croisent avec fracas la route d’Ana, au charme ordinaire. La complaisance dont ils font preuve à l’égard de cette prostituée va jouer en sa faveur.

A leur instar, Ana a l’habitude de prêcher le faux pour connaître le vrai. En s’invitant à leur pique-nique, celle qui aurait dû jouer le dindon de la farce se révèle plutôt l’idiote savante, une Amélie Poulain au négatif qui réarrange à sa manière la relation étiolée des deux citadins. Du moins le croit-on. Adrian Sitaru maintient en réalité l’expectative grâce à de longues séquences, toujours au bord de la rupture, à un point tel qu’on s’attend même au surgissement du fantastique, à un glissement vers le genre du « Survival ». Puisque la désunion du couple provient de lui-même et de sa lâcheté, les basculements successifs de l’intrigue se révèlent des leurres. Ils ne résolvent pas les mésententes du couple, mais l’amènent à d’autres situations tourmentées. Les amants n’ont pas vraiment heurté la gourde des campagnes avec leur voiture, ce pourrait même être le contraire. D’une façon déroutante, «Picnic» reprend à son compte la fable de «l’arroseur arrosé».

Julien Welter

.............
Picnic
Un film d’Adrian Sitaru
(2008, Roumanie/France, 1h24)
Avec Adrian Titieni, Ioana Flora, Maria Dinulescu…
Une Coproduction Arte
.............

Edité le : 09-01-09
Dernière mise à jour le : 27-01-09