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Parmi les quelque 3.600 employés de la pieuse monarchie, un seul collaborateur est encore plus proche du pontife : Georg Gänswein, 51 ans, le secrétaire privé du pape. Ce « George Clooney du Vatican » est – sans conteste – le plus bel homme du gotha romain. A la différence de son prédécesseur polonais Stanislaw Dziwisz, qui avait laissé filtrer des appartements pontificaux quelques informations, Gänswein est la discrétion faite homme – au grand dam de tous les correspondants étrangers en poste à Rome. Le prélat protège son supérieur avec une vigilance de tous les instants. Ce dernier préfère se consacrer à l’écriture de son encyclique ou de son deuxième tome sur Jésus, que, comme le faisait son prédécesseur, de recevoir des pèlerins triés sur le volet venus assister à la messe du matin. Au déjeuner, Gänswein tient compagnie au pape, de même que le soir devant le journal télévisé. Il est donc un membre éminent de la « famille » papale.
A la question de savoir s’il n’éprouvait pas une certaine solitude, Benoît XVI avait répondu dans une interview : « Bien sûr, la forteresse rend l’accès difficile, mais il y a aussi la famille papale, et les nombreuses audiences quand je suis à Rome. » L’après-midi, le Saint-Père trouve quelques moments de détente lors de la promenade dans les jardins du Vatican, inaccessibles au commun des mortels. Le pèlerin moyen n’a pas accès à ce havre de paix en plein cœur de la métropole bouillonnante. Les gardes suisses, implacables, ne laissent pénétrer que sur invitation d’un citoyen du Vatican. On compte un millier de ressortissants, mais seulement la moitié est titulaire d’un passeport.
Comment vit-on comme « sociétaire » du Vatican ? Dans le micro-Etat, les salaires commencent à 1.500 euros. Comme il n’y a pas d’impôt sur le revenu, c’est du net. Mais pour obtenir un contrat de travail, il faut montrer patte blanche et signer une décharge comme quoi on mène une vie moralement irréprochable et qu’on renonce au droit de grève. Jean-Paul II avait reçu en 1981 - c’était une première - « L’union des employés du Vatican ». Une marche silencieuse avait même été organisée sous le mot d’ordre très séculier : « Travailler moins et gagner plus ». C’est de cette époque que date la semaine des 36 heures, mais il n’existe toujours pas, à ce jour, de convention collective. Seuls les prix imbattables de l’Annona, le supermarché du Vatican, offrent une petite consolation. Mais chaque contractuel du Vatican a un autre bonus : la conscience, ad eternam, de faire partie du « Projet romain de Dieu ».
Le régime est le même pour les quelques femmes employées derrière les hautes enceintes du Vatican. Toutes portent le voile - imposé par leur ordre très strict -, qu’il s’agisse des trois religieuses des appartements papaux ou des quelques couturières qui s’occupent du linge des dignitaires religieux. Environ 15 % des personnels sont féminins, avec une tendance à la hausse. La femme placée le plus haut dans l’organigramme est actuellement Sœur Enrica Rosanna. Cette Lombarde salésienne est « Sottosegretario » de la Congrégation, ce qui correspond au rang de secrétaire d’Etat, juste derrière le premier cardinal et le secrétaire.
Mais l’émancipation a ses limites... C’est en 1994 que, pour la dernière fois, un souverain pontife avait adressé aux femmes catholiques romaines une circulaire apostolique précisant en toute clarté que seuls les hommes sont admis à recevoir l’ordination sacerdotale – même si les femmes sont dans l’Eglise « absolument nécessaires et irremplaçables ». Le Vatican reste le Vatican... Les trois années de pontificat de Benoît XVI n’y ont rien changé.
Original allemand de Josef Bruckmoser, spécialiste des religions, journaliste et auteur (« Geheimnis Vatikan »)






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