
L’anthropologue Georges Condominas a vécu dans un village mnong gar entre 1948 et 1950, notant et photographiant tout ce qui se présentait à ses yeux. Il rapporta, entre autres objets, un piquet de jarre, aujourd’hui conservé au Musée du Quai Branly.
Ce piquet sert à attacher une jarre contenant de la bière de riz. Poteau et jarre sont indispen -sables à l’accomplissement du sacrifice du buffle, un rituel majeur en Asie du Sud-Est.
Pourquoi immole-t-on des animaux ? Qu’espère-t-on en versant le sang d’un buffle ? Faut-il y voir un acte barbare ou, à l’inverse, une marque de civilisation ? Sacrifier, c’est manger avec les dieux. C’est aussi établir l’homme dans le statut qui lui est propre, entre bêtes et divinités.
Ces questions fondamentales sont portées par un simple piquet, objet éphémère conçu à l’occasion d’un sacrifice de buffle, quelques années avant l’entrée en guerre des Etats-Unis.






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