Voir la galerie - Expo Pleix au Cube
Leur technologie est assez « low tech » : ils sont sept! Sculpteurs de pixels, incubateurs d’idées, détracteurs de conformité, ou mélangeurs de sonorités... Ils répondent au nom d’un collectif et travaillent souvent par binôme pour ne pas se perdre dans la forêt. Certains styles comme celui de Geneviève Gauckler dans le domaine des arts graphiques ou de Bleip pour ses musiques électroniques se sont fait reconnaître en solo, mais Pleix a su en trois ans, imposer une signature globale pour toute une série d’oeuvres personnelles et de bandes vidéos promotionnelles, à la plastique décapante, humour cinglant et mise en scène calée sur les particules sonores. Leurs images taillées au scalpel sont d’une densité cristalline ; décalage troublant d’une iconographie quasi clinique de la modernité, où l’effet spécial, volontairement grotesque intervient comme bug, ou métaphore, dans la perversité du discours. Pleix s’amuse, à eux de jouer !
Interview du comPleix remixée par Orevo
Orevo : Pleix c’est qui ?
Pleix : Nous avons entre 30 et 38 ans, musiciens, graphistes, infographistes. Influences multiples du côté du design, du cinéma, du jeu vidéo, de la musique et du monde de l’art.Nous préférons ne jamais donner nos noms, photos ou ni mêmes pseudos... c'est une vieille règle que nous avons établie au début de Pleix et qui nous met tous à égalité : pas de star ni d'oublié...
Orevo : Sur quel constat ou quelles ambitions s’est construit le collectif ?
Pleix : Un objectif commun et général qui perdure depuis la création de Pleix est d'alterner les travaux de commande et les travaux personnels. Pas vraiment de méthode, mais plutôt du feeling... Bien choisir les travaux de commande et ne pas hésiter à refuser si c'est inintéressant. Nous avons néanmoins quelques principes essentiels : Faire confiance. Se faire plaisir. Faire plaisir aux autres. Travailler sans compter… Mais sans trop forcer quand ce n'est pas nécessaire.
Orevo : Peut-on vraiment travailler sans structure ?
Pleix : On peut travailler sans structure rigide et sans leader. Nous sommes comme un corps qui fonctionne naturellement ; on ne demande pas à ses poumons, ses yeux, son cœur de fonctionner : il fonctionne en symbiose. Pleix est un corps, chacun donne vie à l’autre et c’est la réunion du tout qui a un sens.
Orevo : Oui mais à qui passer commande ? A qui envoyer la facture ?
Pleix : Personne ne commande ; nous travaillons souvent par binôme et quand un nouveau projet arrive, on se consulte rapidement entre nous pour savoir qui est intéressé ou pas et qui veut tenter l'aventure. Suivant les goûts et les conditions financières de chacun, les projets sont acceptés ou rejetés. Les tâches se répartissent par affinité technique : certains sont naturellement meilleurs que d'autres dans certains domaines et cela influence beaucoup la répartition du travail. Les revenus sont partagés équitablement suivant le nombre de personnes qui ont travaillé sur le projet ; financièrement nous fonctionnons un peu à la soviétique !
Orevo : Ce modèle permet-il de survivre ?
Pleix : On commence à gagner correctement notre vie au sein du collectif, mais depuis peu seulement. Pour cela nous avons dû accepter des projets publicitaires "alimentaires", venant de l'étranger et principalement de Londres. Ces derniers sont assez friands de publicités graphiques et de messages décalés et acides, ce qui colle assez bien avec notre univers. Certaines publicités nous permettent de survivre plusieurs mois sur les projets perso et dans de bonnes conditions. Mais, comme beaucoup de freelances qui débutent, nous sommes tous passés par une longue période de disette...
Orevo : Qu’est-ce qui a provoqué l’accélération dont vous bénéficiez actuellement ?
Pleix : C’est l’exposition des projets, et leur diffusion dans les festivals, les galeries qui s'accélère ces derniers mois. De notre côté, depuis trois ans et demi, le rythme est resté le même.
Orevo : Lors d’un symposium sur le thème de la créativité, au Sony Computer Research Lab, un chercheur de l’Inserm en énonçait les stimulateurs : l’autonomie et une flexibilité organisationnelle, des compétences diversifiées, le désir de communiquer et de sortir du peloton. Etes-vous d’accord avec cela et vous quel est votre secret ?
Pleix : Ce qui marche pour certains ne marche pas pour d'autres. Il n’y a pas de recette miracle ou de formule mathématique de la créativité, et c’est tant mieux. C’est plus humain que scientifique. En ce qui nous concerne, le secret serait dans la structure même du collectif : à plusieurs, nous nous autocritiquons très facilement et rapidement, ce qu'un freelance seul ne pourrait pas faire aussi vite quand il s'agit de compétitions d'idées pour remporter des projets. Nous avons pris conscience que c'est l’alternance qui nous a fait décoller, et qu'enchaîner publicités et clips commerciaux reviendrait à refermer le robinet qui déverse notre créativité et notre fraîcheur. ;-)
Techniquement parlant, nous ne sommes vraiment pas très compétitifs, mais pour une agence de publicité, une bonne idée de court-métrage vaut de l'or...
Orevo : Certaines mauvaises langues disent que Sometimes ressemble curieusement à un clip récent d’ MC Solaar c'est vrai ? C'est grave ou pas ?
Pleix : C’est exactement l’inverse.Sometimes a été fini en septembre 2003 et le clip de MC Solaar est sorti quelques mois plus tard comme par enchantement... Nous ne voulons pas tomber dans des histoires de jalousie, c’est-à-dire si "untel est un pompeur" car cela nous flatte aussi dans un sens ; notre travail inspire beaucoup et inspirera certains de nos confrères, cela nous étonne plus qu’autre chose. Orevo : Les outils on peut en parler ?
Pleix : Nous sommes à 80% sur PC pour des raisons historiques et pratiques. L'image de synthèse n'a jamais vraiment percé sur Macintosh et les PC sont quand même plus accessibles financièrement quand on est jeune freelance débutant ! Les logiciels utilisés le plus fréquemment sont ceux du commerce (la série Adobe pour la 2D et 3DSmax pour la 3D) plus quelques petits logiciels annexes pour assaisonner le tout. Nous utilisons des logiciels spéciaux si nous travaillons avec un studio de post-production comme Mac Guff-ligne, pour « the big idea ». Pour nous les outils n’ont pas d’importance, en revanche nous travaillons tout le temps en réseau, nous échangeons nos fichiers via FTP et travaillons la nuit.
(NDLR : Pleix dévoile ses petits secrets de fabrication au Cube lors d’ateliers, les samedi 6,13,20,27 novembre et le 4 décembre de 14 H à 18 H 00)
Orevo : qu'est-ce qu'il vous manque le plus dans la vie ?
Pleix : Du temps.
>> Le site de Pleix - http://www.pleix.net
>> Le site de Bleip - http://www.bleip.com/
Exposition Pleix
du 25 septembre 2004 au 15 janvier 2005
au Cube
20, cours Saint Vincent
92130 Issy-les-Moulineaux
Tél: 01 58 88 30 00
>> Le site internet du Cube - http://www.lesiteducube.com
Autour de l'exposition
En parallèle à l’exposition, Le Cube propose aux personnes maîtrisant déjà certains logiciels de création multimédia de participer à un atelier d’expression portant sur l’illustration et le photomontage, en compagnie des membres du collectif Pleix, les samedis 6, 13, 20, 27 novembre et le samedi 4 décembre de 14 h à18 h.
OneDotzero
OneDotzero est un label de production multimédia sur DVD, organisateur d’événements à caractère international dans le domaine de la création numérique, et plus particulièrement d'un festival à Londres où Pleix s'est remarqué. La ferme du Buisson accueillera Onedotzero les 4 et 5 février prochains.
>> OneDotzero - http://www.onedotzero.com
The big idea : contraintes et liberté
Getty-images le leader international de l’image de stock, choisit Pleix pour son nouveau projet « the big idea ».
>> Lire l'article
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Cultures Electroniques
Propos recueillis par orevo
Novembre 2004
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