La toute première raison tient au fait que la Pologne est un pays d’émigration. Le taux de chômage très élevé (15 %) et la perspective d’une vie meilleure à l’étranger poussent les jeunes Polonais hautement qualifiés à quitter le pays. Surtout ceux qui sont nés durant la période de forte hausse démographique - entre 1980 et 1986 - et les médecins, les infirmiers, les informaticiens ou encore les scientifiques. Les personnes moins qualifiées, les charpentiers, les constructeurs, les plombiers suivent aussi cette voie-là. Les émigrés polonais s’installent le plus souvent en Allemagne, aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et en Irlande. C’est pourquoi le débat polonais se concentre sur le problème de la « fuite » des jeunes et sur ses conséquences socio-économiques, surtout dans le contexte du vieillissement de la population et compte tenu du solde migratoire négatif.
Sous le régime communiste, période de « fermeture » sur le monde, la question de l’immigration ne se posait pas. Mais avec l’adhésion de la Pologne à l’UE, elle a pris de l’importance. Si la présence d’étrangers, en Pologne, reste faible par rapport aux autres États membres de l’UE, ceux qui arrivent viennent majoritairement d’Allemagne, des États-Unis et d’Ukraine. Et depuis 2004, le nombre d’arrivants de l’ex-URSS et du Vietnam qui travaillent très souvent de manière illégale, continue de croître.
Le phénomène de l’immigration qui n’est pas flagrant, ne constitue pas un problème économique ou social grave, et n’occupe donc qu’une place mineure dans les débats politiques. En revanche, il a pris de l’ampleur dans les discussions entre experts, qui soulignent la nécessité d’harmoniser le droit polonais au droit communautaire. La situation de la Pologne, devenue un pays frontalier de l’UE, nécessite le renforcement du contrôle des frontières. Car la Pologne, source importante d’immigration vers l’Ouest, pourrait aussi voir transiter les considérables flux migratoires venant de l’Est. Pour prévenir ce risque, l’UE a poussé la Pologne à instaurer une politique d’immigration assez restrictive. La loi du 13 juin 2003 a fixé de manière stricte les conditions d’entrée et de séjour d’étrangers sur le territoire.
Même si le débat sur l’immigration reste limité en Pologne, la nécessité de développer une politique nationale est de plus en plus évidente. Afin d’éviter au maximum les problèmes d’intégration qui se posent actuellement dans d’autres pays européens.
POUR ALLER PLUS LOIN
Tendances récentes des migrations internationales, rapport 2005 pour la Pologne du Système d’observation permanente des migrations (SOPEMI). Nr 2/(60). E. Kępińska, “Recent Trends in International Migration”, the 2005 SOPEMI Report for Poland. En anglais.






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