Le porno gay versus le porno hétéro
Depuis 10 ans, Jörg Andreas Polzer est réalisateur de films X homo pour la société de production berlinoise : "Cazzo".Jörg Andreas Polzer / Cazzo : "Au fond, le but du jeu, c’est de montrer à quel point le sexe peut être génial. Je crois que la plupart des gens ne s’en rendent pas compte. D’ailleurs, en tant que pornographe, on est souvent confronté à une dévalorisation de notre travail, et c’est totalement injustifié.
Les homos ont un rapport beaucoup plus détendu avec la pornographie que les hétéros. C’est dû au fait que les homos se définissent par leur sexualité. Leur identité se construit autour de la sexualité, donc c’est un sujet essentiel pour eux et ils y ont énormément réfléchi."
Le cinéaste Lukas Schmid a réalisé son documentaire „Intimités“, lors du tournage d’un porno à Majorque. Ses recherches l’ont également amené à entrer en contact avec des maisons de production de films hétéros.
Lukas Schmid : "Chez les homos, la sexualité est beaucoup plus libre. Dans le porno hétéro, il y a pas mal de gens assez bizarres qui traînent, des gugusses un peu tordus qui vont trouver là le moyen de vivre une part de leur sexualité qu’ils ne pourraient pas vivre dans la vraie vie. Chez les homos de chez Cazzo, j’ai eu affaire à des gens cultivés, pour qui le porno est une démarche réfléchie. C’est une attitude que je n’ai jamais rencontrée dans le milieu hétéro. "
Le barebackJochen Hick est réalisateur de documentaires. Il s’est intéressé à la plus grande industrie du porno au monde. Sous le titre "Cycles of Porn", son reportage est une analyse détaillée du milieu porno homo californien, où l’on produit des films "bareback", l’acte sexuel anal sans préservatif.
Jochen Hick : "Aux USA, on tourne énormément de films pornos en bareback. Il y a une demande très forte. Ce qui est intéressant, c’est que ce marché soit légal. C’est assez surprenant : avec un gouvernement aussi conservateur que celui de Bush, on pouvait s’attendre à une réaction beaucoup plus forte. Mais cette réaction n’a pas lieu. L’argument de l’industrie du porno bareback consiste à dire que les films bareback ne nous montrent finalement rien d’autre que ce que les hétéros pratiquent de manière assez régulière. Il faut savoir que de nombreux hétéros se font contaminer par le virus du sida en ayant des rapports non protégés."Qu’il soit hétéro ou homo, le sexe non protégé se vend mieux, et ce malgré un taux de contaminations qui repart à la hausse. Chez les acteurs, les avis divergent.
Will West : "Les acteurs qui travaillent pour l’industrie standard du porno gay sont censés tourner avec des préservatifs, alors que dans leurs relations privées, ils ne veulent pas en mettre. En dehors des tournages, ce sont des barebackers comme nous. Ils me chuchotent des trucs à l’oreille du style : “J’adore tes vidéos mais je ne peux pas l’avouer parce que je risquerais ma carrière“."
Liens>> "Gefangen" - Un film de Jörg Andreas
>>"Intimitäten" - un film de Lukas Schmid
>> "Sex - Life in L.A. Part 2: Cycles of Porn" de Jochen Hick
>> La société de production Cazzo
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TRACKS
Jeudi 02 mars 2006 à 23h55
Rediffusion le mardi 07 mars à 01h35
Rédaction : MME
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