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Tawfik Abu Wael : "J'ai voulu faire du cinéma, parce que j'adore le cinéma. Je cherche à trouver ma propre voix, moi, Tawfik, d'Um El Faem, arabe, musulman, vivant en Israël. Je suis un réalisateur, un artiste, je suis un homme, j'aime les gens, j'adore les femmes, et en plus par chance je suis palestinien. Je suis né à Um El Faem, c'est un village palestinien en Israël, sur la frontière. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans ma tête, mais quand j'ai eu 20 ans, j'ai voulu faire du cinéma, devenir réalisateur, j'ai fait mes études à Tel Aviv, et depuis que j'ai commencé à faire des films, c'est devenu un choix sacré, et aujourd'hui, je n'ai pas d'autre choix que de faire du cinéma. C'est comme si j'étais emporté par le courant d'un fleuve et que je ne puisse plus en sortir."
Distingué à Cannes, "Soif" est son premier long métrage. Pas de soldats israéliens, juste une famille palestinenne, un père tyrannique qui a isolé sa famille dans une extrême dénuement pour échapper à la tradition qui veut qu'un père tue sa fille qui a été violée. Une tragédie moderne, palestinienne. Tawfik Abu Wael : " "Soif", c'est plus qu'un simple titre. C'est plus qu'une simple soif physique, c'est aussi une soif de sexe, d'amour, de liberté et de connaissance.
Dans un sens, mon film parle des émotions, des sentiments et de la conscience de la société palestinienne. Si vous cherchez un contenu politique, il est la, en tant que palestinien, nous devons résoudre nos nombreux problèmes pour affronter Israël, ce Goliath.
On a beaucoup de problèmes nous mêmes, on a des problèmes avec la dépression, avec le culture patriarcale, avec le sexe. Nous avons besoin d'affronter tout cela, avant d'affronter Israël, je n'existe pas à cause d'Israël, et je ne fais pas de films à cause d'Israël."
Pour six mois, Tawfik est à la Cinéfondation, une résidence d'artistes créée par le festival de Cannes. Avec une aide à l'écriture, il s'est plongé dans l'adaptation de "Retour à Haïfa" du palestinien Ghassan Kanafani. L'histoire c'est celle du conflit, ou quand 20 ans après la création d'Israël, un couple palestinien retrouve la maison qu'il a du fuir, et l'enfant qu'il avait laissé.
Tawfik Abu Wael: "Je ne suis pas partie prenante dans cette révolution, je ne suis un combattant, je me bats juste pour faire mes films, mon propre cinéma, mon propre style. Vous savez, la révolution, elle doit être permanente, c'est un processus. Elle doit durer tout le temps, et à chaque fois, à chaque instant, il faut chercher pour trouver un nouveau père, un nouveau leader, et puis un autre, et puis un autre. C'est ce qui est intéressant, quand une nouvelle génération arrive, elle crée des choses nouvelles. C'est ça qui est magnifique, et qui est très sain … Peut être que c'est de notre faute, quand les juifs sont arrivés, ils nous ont tirés dessus, ils ont tiré, mais on avait un âne, alors on s'est caché derrière l'âne, ils ont tiré, l'âne est mort, et nous on est toujours vivant, voilà c'est un peu cela notre histoire.
Il n'y a pas de culture israélienne pour moi, la culture israélienne est palestinienne, leur nourriture, leur musique est palestinienne, ils ont tout pris aux palestiniens. Le houmos, le fellafel et la musique, elle est arabe, palestinienne. En fait je crois que la chose la plus israélienne, c'est le palestinien."
Reportage : Lionel Jullien
Atash ("Soif")
un film de Tawfik Abu Wael
Film israélien, palestinien 2004, 1H40 - Fiction - Couleur - 35 mm.
VO arabe
Hussein Yassin Mahjane - Ahamad Abed El Gani - Roba Blal - Amal Bweerat - Jamila Abu Hussein.
Date de sortie : prochainement
Retour à Haïfa et autres nouvellesde Ghassan Kanafani
Actes Sud (1997)
Collection : La Bibliothèque arabe
Format : Broché - 127 pages
ISBN : 2742711848
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Au lendemain de la guerre de 1967, un Palestinien et sa femme reviennent à Haïfa qu'ils ont dû fuir en 1948 lors de la création d'Israël, abandonnant dans la panique leur fils âgé de quelques mois. Ils découvrent alors que leur ancienne maison est occupée par une juive d'origine polonaise dont les parents ont péri dans un camp de concentration nazi. Et que Khaldoun, leur fils, qu'elle a adopté, s'appelle maintenant Dov, et sert dans l'armée israélienne... Avec "Retour à Haïfa", le dernier récit qu'il ait publié avant son assassinat, Ghassan Kanafani va au plus profond du conflit qui oppose Palestiniens et Israéliens, nous livrant un double testament, littéraire et politique, d'une rare intensité. Les dix nouvelles qui précèdent, tirées de trois recueils parus successivement en 1961, 1962 et 1965, permettront de mieux connaître cet écrivain trop tôt disparu et qui est assurément l'une des figures les plus attachantes de la littérature arabe contemporaine.
Liens
>> Le site du film "Atash" - momento production, avec une interview du réalisateur, dossier de presse et bande annonce
>> Le site de la biennale des cinémas arabes, Institut du monde arabe
>> Article sur "Atash" sur les pages de l’Association France Palestine Solidarité
>> Article sur "Atash" d'Antonia Naim
>> "Atash" dans la sélection de la 43e semaine Internationale de la Critique/Cannes 2004
Photos : © momento production
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