
Dans le métier à tisser, construit à l’image de l’univers, la poulie est au centre, face au tisserand. L’action des pieds fait chanter l’axe de la poulie, c’est la Parole primordiale.
La poulie de cet épisode représente deux jumeaux, mâle et femelle, unis par la tête, être primordial. Rapportée dans la mouvance des missions de l’ethnologue Marcel Griaule, sa patine témoigne de son usage, ses courbes irrégulières du travail de l’artiste qui l’a produite, et c’est sans doute ce qui l’a rendu belle aux yeux du collectionneur danois René Rasmussen.
Hélène Leloup, galeriste, et Kaba Bassirou, marchand d’art, évoquent cette ambiguïté de l’attrait pour les arts africains, entre fascination esthétique et commerce plus ou moins scrupuleux. Miquel Barceló, célèbre peintre catalan séjournant souvent dans les falaises du pays dogon, analyse les lignes chaotiques de la poulie.
Notre poulie retourne au Mali pour la durée du film : rétablie sur son axe, installée sur le métier à tisser de Daouda Karembé, elle nous invite à un voyage fascinant dans la mythologie dogon, avec pour guides Youssouf Tata Cissé, ethnologue malien et Amahiguéré Dolo, sculpteur dogon.






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