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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 26 janvier 205 - 26/01/05

Prendre femme

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De Ronit et Shlomi Elkabetz
(France – Israël, 2004, 1h40)
Avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian et Gilbert Melki

Synopsis : Haïfa, juin 1979. La situation en Israël est plutôt calme, mais ce calme n’a pas franchi les portes du foyer de Viviane et d’Eliahou, un couple en proie à d’éternelles et violentes disputes. Quand les frères de Viviane la persuadent une fois encore que sa place est auprès de son mari, ses enfants et sa famille, l’épouse, fatiguée de cette existence qui dénie ses rêves et ses droits, est à bout. Lasse aussi de cet époux qui privilégie les traditions au détriment de leur vie de couple, Viviane retrouve, pour un moment, Albert, un homme qu’elle a aimé et qui a su lui offrir la liberté d’être elle-même.

Critique : A l’heure où le travail de comédienne de la pétaradante Ronit Elkabetz est pleinement reconnu, grâce à la sortie en salles de « Mon trésor », l’actrice présente sa première réalisation. En collaboration avec son frère cadet, elle scrute le calvaire domestique de ses propres parents, à la fin des années 1970. Leur étude de caractère se base sur des antagonismes qui se superposent. Ils sont d’une nature culturelle (entre un homme, qui tente de diriger sa vie dans la direction voulue et trébuche sans fin sur des obstacles internes, et une femme désireuse de briser les barrières sociales), sociale (propre à une famille d’Afrique Du Nord, expatriée en Israël et écartelée entre les traditions patriarcales de sa terre d’origine et la modernité de sa terre d’élection) et enfin comportementale (entre une femme destinée à une vie glorifiée autour du foyer et passant, en voulant s’émanciper, pour une folle, et un homme dont le silence porte le poids écrasant de sa culture jusqu’à une sorte de psychose intérieure).

Ce postulat infernal est mis en scène de manière claustrophobe et minimaliste, les altercations de Viviane et d’Eliahou se déroulant principalement dans leur petit appartement. La conversation de l’un se résume pour l’autre à des moyens de trouver un nouvel argument, au lieu d’obtenir un compromis. Entre violence verbale et silence pesant, entre haine et affliction, les rapports denses et forts que captent Ronit et Shlomi Elkabetz rappellent cette apocalypse domestique souvent mise en scène par Ingmar Bergman. Mais le travail des comédiens semble essentiel à une telle entreprise, l’extraversion douloureuse de Ronit Elkabetz se heurtant de manière dramatique à la désapprobation sèche et retenue de Simon Abkarian, un acteur remarquablement économe aperçu récemment chez Atom Egoyan (« Ararat ») et Michel Deville (« Un monde presque paisible »). L’éparpillement acrimonieux de l’une se fracasse contre le monolithisme condescendent de l’autre, pour chorégraphier peu à peu un terrible ballet de mort.

Julien Welter

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Prendre femme
De Ronit et Shlomi Elkabetz
(France – Israël, 2004, 1h40)
Avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian et Gilbert Melki
Sortie du 26 janvier 205
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Edité le : 25-01-05
Dernière mise à jour le : 26-01-05