
Émissions de CO2 par unité de PIB en 2005 : 0, 2 kg/ $ PPA
Émissions de CO2 par tête : 5,4 tonnes
Évolution des émissions de CO2 (1990 - 2005) : - 1,9 %

En octobre 2009, la Suède en était déjà à mi-parcours de la présidence de l’Union européenne et elle voyait la conférence sur le climat de Copenhague, au cours de laquelle les dirigeants mondiaux négocieront pour approuver l’accord des Nations Unies sur le changement climatique, s’approcher à grands pas. Fredrik Reinfeldt, Premier ministre de la Suède, a fait de la lutte contre le changement climatique l’une des priorités de la présidence suédoise. Même s'il a souligné le fait que la réussite du sommet de Copenhague dépend plus de la Chine et des États-Unis que de la Suède, le gouvernement suédois a clairement laissé entendre que son objectif premier est d’aboutir à un accord au mois de décembre.
Ce choix n’a aucunement surpris les Suédois car la politique environnementale joue un rôle essentiel dans la politique suédoise depuis plusieurs décennies. Le terreau des années 1960 a engendré de puissantes organisations, les politiques se sont retrouvés sous pression, et ont contraint l’industrie à prendre des mesures pour limiter les émissions et économiser l’énergie. La première conférence des Nations Unies sur le climat s’est tenue en 1972 dans la capitale suédoise, à l’initiative de la Suède.
La politique environnementale en tant que telle n’est donc pas un thème controversé en Suède. Toutefois, Fredrik Reinfeldt et son gouvernement de centre droit ont montré un visage plutôt inattendu lorsqu’ils ont affirmé que le changement climatique était au cœur de leurs priorités. Le centre droit, traditionnellement moins favorable à une politique environnementale étendue et coûteuse que les sociaux-démocrates et les partis de gauche, marche aujourd’hui sur les plates-bandes de ces derniers. Au cours de la campagne électorale de 2006, Reinfeldt n’avait pas insisté sur la question du climat, et avait privilégié la création d’emplois. Pour le Premier ministre suédois, il aurait pu être difficile d’insister sur les questions climatiques lorsque la Suède exerce la présidence de l’Union européenne sans y attacher une plus grande importance sur le plan national ; les deux camps affirment aujourd’hui que le climat est leur priorité..
Si le gouvernement s’achemine dans cette voie, c’est pour plusieurs raisons. Premièrement, les Suédois sont sans nul doute bien informés, soucieux de l’environnement et prêts à sacrifier leur confort pour réduire la consommation d’énergie. Les économies d’électricité, le recyclage et la renonciation aux véhicules particuliers figurent parmi les mesures prises par les Suédois. Deuxièmement, même si la politique environnementale de la Suède a été pionnière, ses voisins européens ont depuis rattrapé leur retard. Le gouvernement se doit de fixer des objectifs ambitieux si la Suède veut être un modèle dans ce domaine, et rester ainsi fidèle à sa tradition en la matière.
Cependant, tout le monde ne va pas dans le même sens : la société publique Vattenfall s’est attirée les critiques du gouvernement en raison de la construction de nouvelles centrales à charbon en Allemagne. Bien sûr, il est facile de promouvoir verbalement l’environnement et le climat, mais bien plus difficile d’obtenir des résultats concrets. Plusieurs voix critiques se sont élevées pour exhorter le gouvernement suédois à en faire plus afin de prouver qu’il est capable de ne pas se contenter simplement de déclarations d’intention à Copenhague.
Que le gouvernement suédois, qui exerce actuellement la présidence de l’Union européenne, soit ou non convaincant en tant que décideur environnemental sur le plan national, il continuera à rechercher un accord. Les progrès accomplis dépendent moins de la Suède que de nombreux autres pays.
Agnes Eklund
SOURCES
Le site officiel de la conférence de Copenhague.
Le site de l'organisation non gouvernementale (ONG) Greenpeace, en suédois.
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