dimanche, 14 décembre 2008 à 01:10
Rediffusions :
23.12.2008 à 00:50
Les lumières du faubourg
(Finlande, Allemagne, France, 2006, 72mn)
ARTE F / ZDF
Réalisateur: Aki Kaurismäki
Image: Timo Salminen
Musique: Melrose
Acteur: Ilkka Koivula, Janne Hyytiäinen, Maria Heiskanen, Maria Järvenhelmi
Auteur: Aki Kaurismäki
Production: ARTE France, ZDF
Producteur: Pandora Film, Pyramide productions, Sputnik Oy
Un vigile solitaire tombe entre les griffes d'une garce et de ses acolytes mafieux. Remarquablement maîtrisé, ce film entre mélo et critique sociale clôt la "trilogie des perdants" d'Aki Kaurismäki, entamée avec Au loin s'en vont les nuages.
Vigile pour un centre commercial, Koistinen mène une vie solitaire, tout en se berçant du rêve peu réaliste de monter sa propre boîte. Au travail, il subit les moqueries de ses collègues. Dehors, il attire les regards froids des gens, à la fois rebutés et fascinés par son uniforme. Seule Mirja, qui tient un gril, le comprend et l'écoute, mais Koistinen ne lui accorde que peu d'attention. Un jour, une blonde fatale s'assied à sa table et le drague ouvertement...
Froideur et tango
Après avoir abordé le sujet du chômage dans Au loin s'en vont les nuages, celui des sans-abri dans L'homme sans passé, Aki Kaurismäki clôt sa "trilogie des perdants" sur le thème de la solitude. Reprenant les codes du film noir et du mélo, Les lumières du faubourg raconte la descente aux enfers d'un homme mal armé pour résister aux prédateurs, car trop rêveur, trop fier et trop bête par moments. Muni de son seul diplôme du lycée professionnel, Koistinen se fait éconduire sans ménagement par son banquier quand il veut emprunter de quoi monter son entreprise et tombe dans tous les panneaux de la garce de service et de ses acolytes mafieux. Plans fixes et frontaux, échanges laconiques : Kaurismäki filme avec maîtrise une Helsinki impersonnelle, entre violence et froideur, où ressortent de rares touches de chaleur et d'humanité : l'appartement de Koistinen, îlot chaleureux et design, les feuilles roussies, les mains tendues. On retrouve ce contraste dans la bande son qui alterne le rock rageur du groupe Melrose, habitué des films du réalisateur, et les superbes tangos de Carlos Gardel et du Finlandais Olavi Virta.