(France, 2004, 1h54)
Avec Arielle Dombasle, Yvan Fahl, Eva Ionesco, Pierre-Loup Rajot
Prix Jean Vigo 2004 – Une Coproduction Arte France Cinéma
Synopsis : Marc (Yvan Fahl) est né il y a 23 ans des amours de Farid Douadi, un chanteur disparu des années 1980, l’auteur de « Quand je serai star », et de Diane de Montalte (Arielle Dombasle), une actrice parisienne. Employé comme steward, une manière de se rebeller contre le microcosme mondain et factice dans lequel évolue sa mère avec laquelle il continue pourtant d’habiter, incapable de briser un lien indéfectible, Marc tente de vivre ses contradictions et de devenir un homme. Entre Paris et Marrakech, quelques rencontres lui permettront de parcourir ce chemin.
Critique : Situé de nos jours, ce troisième long métrage de Patrick Mimouni se nourrit du ressac des années 1980 : la génération Mitterrand (ou la génération Sida) et la survivance incertaine de ceux qui l’ont vécue, à travers le personnage d’Arielle Dombasle, comédienne traversant une passe difficile que le nombre des années et les fêlures nombreuses contribuent à accentuer. Le film prend la pulsation de deux personnages stagnants : Diane bien sûr, mais aussi son fils, qui est à la croisée des chemins. Son rythme s’applique donc au tâtonnement, pour contribuer à une forme fluctuante qui pourra en laisser bon nombre perplexe ou agacé.
L’intérêt du film est ailleurs, dans la cohabitation du jeu d’Yvan Fahl, dont le dynamisme un peu las et le geste taciturne impriment bien les interrogations de son personnage, et de celui d’Arielle Dombasle, dont la maniérisme et le grotesque relèvent non pas de l’ostentation, mais du plus parfait naturel, voire d’une espèce de surnature, qui traduit parfaitement le désarroi et cette recherche d’une souveraineté de la dame de spectacle: elle n’est rien sans le regard moqueur ni le soupçon obscène porté sur soi, ni même sans l’humiliation et la violence à affronter.
En accordant la même importance aux hauts et aux bas d’une telle histoire, Patrick Mimouni, loin de zigzaguer ou de déliter son récit, pose la seule question primordiale soulevée par son sujet : comment peut-on vivre cette existence passée à attendre qu’il advienne quelque chose dans un métier où, au fond, rien n’a d’importance, sauf, justement, le style ? In fine, le réalisateur légitime pleinement le maniérisme de Diane et la lancinance de Marc, pour porter son film au-delà du bilan amer et générationnel.
Julien Welter
---------------------Quand je serai star
De Patrick Mimouni
(France, 2004, 1h54)
Avec Arielle Dombasle, Yvan Fahl, Eva Ionesco, Pierre-Loup Rajot
Sortie du 19 janvier 2005
---------------------






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter