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Le sucre: un poison mortel?

Le diabète sucré, communément appelé diabète, est une maladie chronique du métabolisme caractérisée par une glycémie supérieure à la normale.

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Le sucre: un poison mortel?

Le diabète sucré, communément appelé diabète, est une maladie chronique du métabolisme caractérisée par une glycémie supérieure à la normale.

 Le sucre: un poison mortel?

27/02/07

Facteurs à risque

Tabac, obésité et manque d’activité physique : les principales causes d'une « épidémie »

Par le prof. Hermann Liebermeister
Médecin-chef et directeur de clinique en retraite
Neunkirchen / Sarre (RFA)

L’obésité se développe de façon spectaculaire dans les Etats développés, mais aussi dans les pays émergents, en transition vers la société industrielle (2), ce qui induit une progression notable de la fréquence du diabète dans le monde entier. L’Organisation mondiale de la santé a pris conscience très tôt du problème et institué un groupe de travail sur le diabète (3).

Les personnes prédisposées à l’embonpoint (c.-à-d. celles qui ont tendance à stocker des graisses sur et dans l’abdomen) devraient essayer, dans la mesure du possible, de conserver un poids normal. Pour ce faire, la recette est évidente : manger moins, éviter les boissons riches en calories et pratiquer davantage d’activité physique, autrement dit, adopter une hygiène de vie saine. Une discipline qui paraît difficile en période de surabondance, surtout par comparaison avec des personnes naturellement minces, qui peuvent manger autant qu’elles veulent et s’adonner au farniente sans avoir mauvaise conscience.

Tabac, obésité et manque d’activité physique : les 3 principales causes de mortalité !

Aux Etats-Unis, parmi les causes de décès évitables, l’obésité est passée entre 1990 et 2000 de 14 à 16,6 %, le tabac est en léger recul de 19,0 à 18,1 %, et la consommation d’alcool est tombée de 5,0 à 3,5 %. En 2000, les principales causes de décès outre-Atlantique étaient le tabac, l’obésité, et le manque d’activité physique. (4) En revanche, les temps de guerre ou d’après-guerre, avec leurs périodes de disette, offrent les meilleures conditions de prévention du diabète. Ce phénomène a été confirmé lors du siège de Paris par les Allemands en 1870/71, de même qu’en Angleterre et au Pays de Galles pendant et après les deux guerres mondiales. Ainsi, la mortalité due au diabète y a chuté de façon nettement plus significative qu’à l’issue de l’introduction de l’insuline ou des antidiabétiques à prise orale (1).

Le constat répété qu’un changement de régime alimentaire allié à une perte de poids avait une incidence positive sur le risque de diabète a été confirmé par l’étude UKPDS (« UK-prospective diabetes-Studie ») menée au Royaume-Uni, qui a fortement influencé notre approche thérapeutique de la maladie. Bien avant le développement de différents types de traitement, elle a révélé qu’un recul du poids idéal de 124 % à 117 %, autrement dit un rapprochement du poids normal, induisait une nette amélioration de la glycémie (abaissement de celle-ci de 11,8 à 8,5 mMol/L et de l’HbA1c de 11,4 à 8,9 %) (5).

Une demi-heure de marche par jour réduit de 36 % le risque de diabète

Les effets bénéfiques de l’activité physique se confirment toujours plus. Celle-ci compte depuis longtemps parmi les 3 piliers du traitement mais aussi de la prévention du diabète, comme le confirme clairement une étude menée récemment à Helsinki (6) : les personnes qui pratiquent chaque jour le vélo ou la marche pour se rendre au travail, à raison d’au moins ½ heure, ont 36 % de risques de moins de souffrir du diabète. En outre, un travail physique ou la pratique d’un sport pendant les loisirs réduit ce risque de 30 % de plus.
Dans le cadre d’une autre étude menée en Finlande (7) auprès de 522 personnes souffrant de surcharge pondérale et d’intolérance au glucose, des conseils diététiques personnalisés et une augmentation de l’activité physique ont entraîné en moyenne une perte de poids de 4,2 kg et une fréquence d’apparition du diabète de 58 %, contre –0,9 kg et 80 % dans le groupe de contrôle.
Il semble que ces changements du mode de vie favorisent notamment l’élimination des acides gras libres par les muscles (8), améliorant ainsi la tolérance au glucose.

Conclusion : une alimentation plus équilibrée, une consommation modérée de boissons sucrées et alcoolisées et davantage d’activité physique améliorent la prévention du diabète ou le stabilisent lorsqu’il est déclaré.

Une fois que le diabète est avéré, les traitements classiques alliant différentes médications n’ont qu’une faible incidence sur les facteurs risques cardiovasculaires (10). Une autre étude (9) a démontré que seule l’augmentation de l’activité physique chez 35 personnes souffrant de diabète de type II a permis de réduire de façon significative le taux d’HbA1c et de fibrinogène, de même que la tension systolique et le taux de cholestérol global, en tant que facteurs risques, par rapport à un groupe de contrôle de 35 volontaires, dont les résultats se sont systématiquement dégradés pendant la durée de l’étude (11).

Retour à une vie saine

Malheureusement, les traitements individualisés contre l’obésité ne présentent pas encore de succès concluants. De la même manière, les efforts menés par les services publics en vue de sensibiliser la population à une bonne hygiène de vie ont certes permis de réduire la glycémie et la tension artérielle, mais n’ont pratiquement pas eu d’incidence sur l’obésité (1). L’OMS comme la plupart des pays anglo-saxons estiment en conséquence que les individus doivent certes changer leur mode de vie mais que, de leur côté, les pouvoirs publics doivent offrir aux enfants et aux adolescents de meilleures possibilités de se dépenser physiquement et veiller à ce qu’ils ne soient pas soumis en permanence à la tentation de bombes caloriques.
Dans de nombreuses régions d’Europe, les décideurs politiques ont pris conscience des enjeux de la prévention et engagé des mesures dans ce sens.


Initiatives contre l’obésité

Le ministère allemand de la consommation a lancé au niveau national une initiative intitulée « mouvement en faveur d’une nouvelle alimentation », prévoyant au niveau des écoles maternelles et primaires des programmes et des cours de sensibilisation à une alimentation saine et équilibrée (12). Dans le même esprit, la ministre de la consommation, Renate Künast, a proposé de soumettre les produits alimentaires « malsains » non plus au taux réduit mais au taux normal de TVA.
La France et la Belgique sont particulièrement innovantes en la matière. Dans ces pays, on s’engage par ex. pour que, dans les commerces, les friandises ne soient plus disposées à portée de main des enfants, on s’interroge sur la nécessité de la collation du matin dans les écoles et on promeut les mises en garde dans les publicités pour des produits alimentaires qui sont diffusées dans les émissions pour enfants et adolescents. Cela dit, des projets de lois français en ce sens ont été rejetés par le parlement, car le ministère de la santé y voyait une entrave à la liberté individuelle qui, pourtant, fut jugée totalement secondaire dans le cadre de la lutte contre le tabagisme.


Propositions inspirées des recommandations de l’OMS (3)

Urbanisme et transports

  • Aménager davantage de zones piétonnes et de pistes cyclables
  • Réserver les grandes voies de circulation aux cyclistes et rollers les jours fériés
  • Réduire le trafic dans les zones résidentielles
  • Créer davantage de terrains de sports (par ex. stades de football et « half pipes ») et d’espaces verts
  • Aménager les bâtiments publics et les centres commerciaux de façon à privilégier l’utilisation des escaliers

Dispositions légales

  • Procéder à un étiquetage compréhensible et correct des denrées alimentaires
  • Limiter la publicité pour les aliments et boissons qui font grossir, à l’instar des mesures prises contre le tabac et l’alcool
  • Augmenter les taxes sur ces produits, par ex. en ne leur appliquant pas la TVA à taux réduit
  • Subventionner les aliments sains, tels que légumes, fruits et poisson.
  • Intégrer des mises en garde dans les publicités pour des « bombes caloriques »

Ecoles

  • Proposer des cours de sport modernes et attrayants pour les élèves (par ex. roller)
  • Rendre les cours d’école et gymnases accessibles en dehors des horaires scolaires pour favoriser les pratiques sportives et ludiques
  • Bannir des cantines et locaux scolaires les boissons et aliments déconseillés et proposer à la place des denrées saines
  • Remplacer la collation du matin par une « pause en mouvement »

Restauration

  • Proposer des plats plus diététiques dans les cantines scolaires, les restaurants d’entreprise et les hôpitaux
  • Indiquer la valeur calorique des produits alimentaires
  • Dans les commerces, disposer les denrées alimentaires riches en calories hors de portée des enfants

Les médias

  • Promouvoir et valoriser une bonne hygiène de vie
  • Mettre en exergue les efforts réussis de décideurs politiques, de vedettes des médias et de grands sportifs
  • Diffuser des publicités sur des initiatives pertinentes
  • Limiter la consommation TV, pas seulement des enfants et des adolescents
  • Remettre en cause l’idéal de minceur véhiculé par les mannequins et les vedettes, qui favorise les troubles alimentaires chez les adolescentes

Cabinets médicaux, hôpitaux et associations sportives

  • Promouvoir l’allaitement
  • Multiplier les offres à l’intention des enfants souffrant de surpoids

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Bibliographie :
1.Liebermeister, H.: Adipositas - Ursachen, Diagnostik, moderne Therapieoptionen. Deutscher Ärzteverlag, Köln 2002.
2.Ramachandran, A, C. Snehalatha, ADS Baskar et al.: Temporal changes in prevalence of diabetes and impaired glucose tolerance associated witrh lifestyle transition in the rural population of India. Diabetologia 47 (2004) 860-865.
3.Obesity: Preventing and Managing a Global Epidemic. Report of a WHO Consultation on Obesity. Genf 3. bis 5. 6. 1997.
4.Mokdad AH et al.: Actual causes of death in the United States, 2000. JAMA 291 (2004) 1238-1245.
5.Turner R.C. und die U.K. Prospective Diabetes Study Group: II. Reduction in HbA1c with Basal Insulin Supplement, Sulfonylurea or Biguanide Therapy in Maturity-onset Diabetes. Diabetes 34 (1985) 793-798.
6.Hu G. et al.: Occupational commuting and leisure-time physical activity in relation to risk for Type 2 diabetes in middle-aged Finnish men and women. Diabetologia 46 (2003) 322-329.
7.Lindström J, A Louheranta, M Mannelin et al.von der Finnish Diabetes Prevention Study Group: Lifestyle intervention and 3-year results on diet and physical activity. Diabetes Care 26 (2003) 3230-3236.
8.Mensink M, EE Blaak, H. Vidal et al.: Lifestyle changes and lipid metabolism gene expression and protein content in in skeletal muscle of subjects with impaired glucose tolerance. Diabetologia 46 (2003) 1082-1089.
9. Diabetes Prevention Program Research Group: Reduction in the Incidence of Type 2 Diabetes with Lifestyle Intervention or Metformin. New Engl. J. Med. 346 (2002) 393-403.
10.Saydah SH et al.: Poor control of risk factors for vascular disease among adults with previously diagnosed diabetes. JAMA 291 (2004) 335-342.
11. Kirk A, N Mutrie, P McIntyre, M Fisher: Effects of a 12-month physical activity counselling intervention on glycaemic control and on the status of cardiovascular risk factors in people with Type 2 diabetes. Diabetologia 47 (2004) 821-832.
12. Dtsch. Ärzteblatt 101,26 (25.6.2004) C 1481.
13. Liebermeister H.: Effects of weight-reduction in obesity-associated diseases. www.egms.de/de/gms/2003-1/000004.shtml.

Edité le : 10-03-05
Dernière mise à jour le : 27-02-07


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