Les Français amoureux d’Adjani
L’actrice entretient un rapport particulier avec les médias et son public. Sur France Inter, elle est présentée à la fois comme une icône mystérieuse et une déesse inaccessible. Dans le Grand Journal de Canal, Michel Denisot évoque sa jeunesse sur laquelle le temps n’a pas de prise. Dans le 7 à 8 de TF1, on associe à la star les termes de retour et de mystère. L’actrice s’en amuse : « le retour d’un mystère, le mystère du retour ? »
Un retour qui se fait en effet après de longues années d’absence. L’actrice s’explique ici et là. Elle a donné priorité à la vie, à sa vie : ses enfants et sa famille. D’autant plus qu’Isabelle préfère jouer des rôles forts que des rôles nombreux.
Son retour sur grand écran fascine les téléspectateurs étonnés de la voir lâcher prise avec une image de Diva. Avec ce rôle, Isabelle n’est pas dans la séduction. Jacques Weber dans l’émission de cinéma Bord Cadre diffusée sur Canal Plus la félicite. Elle a su selon lui trouver l’équilibre entre son lyrisme et l’hyperréalisme. Le film est oppressant. Le terrain exact du jeu d’acteur est trouvé.
Dans Le Point et 20 minutes, on se plaît à dire que la rareté des apparitions d’Isabelle Adjani serait un des ingrédients de son succès.
Le public et les médias sont amoureux. Télérama évoque son regard bleu ciel, ses joues roses enfantines et sa voix cristalline.
La genèse difficile d’un projet
Ce film engagé a eu du mal à émerger. Le Point, Le Figaro et 20 minutes évoquent le refus des chaînes de télévision et des distributeurs de cinéma sur un sujet jugé trop tabou et donc trop risqué. Pourquoi prendre ce risque lorsqu’il y a tant d’autres films faciles à produire ? Le site rue 89 va plus loin dans la dénonciation, en accusant tous les producteurs de télévision d’être « co-responsables » en refusant un projet sur un tel sujet d’actualité.
Une composante autobiographique
Les médias se passionnent pour la composante autobiographique de ce film à la fois pour le réalisateur et l’actrice. Le Point revient sur le déclic d’écriture de Jean-Paul Lilienfeld. Le réalisateur, qui a grandi à Créteil, a décidé de se lancer dans ce projet lors des émeutes de 2005. Le Figaro explique son travail sur l’évolution du langage. Ce langage des banlieues ne lui était pas inconnu. Cela donne des dialogues percutants qui sonnent toujours justes.
Isabelle revient, elle, sur ses origines algériennes. Elle raconte à Télérama son enfance, sa relation écrasante avec son père, sa difficulté d’accepter sa féminité. Dans le Grand Journal Michel Denisot mentionne son deuxième prénom : Yasmine. La réalisatrice Yamina Benguigui évoque ses points communs avec son amie Isabelle : l’humiliation lorsqu’on est encore enfant de voir son père se faire traiter comme un citoyen de seconde zone. Sur TF1, Isabelle rappelle que son enfance en banlieue n’a rien à voir avec la réalité d’aujourd’hui. « Il n’y avait pas de problèmes pluriethniques à cette époque. Il n’y avait pas de guerre menée au nom de l’ignorance. »
Un bilan d’urgence à communiquer
L’actrice s’engage sur les plateaux télévisés. Sur Canal, elle explique que les enfants ne font que ramener à l’école les injustices sociales subies à l’extérieur. Ils ne sont pas respectés et leurs parents ne l’ont pas été non plus. Le cinéma est là pour faire bouger les choses.
Le film est comparé à une gifle que l’on se prend en pleine face. Isabelle justifie son choix par un acte de citoyenneté.
Les sujets sont semblables aux faits divers qui ont lieu dans les lycées. « J’y ai vu un rôle d’une grande force, un bilan d’urgence à communiquer » affirme-t-elle dans L’Express. Elle y dénonce également la ghettoïsation, le manque de tolérance culturelle et la dislocation du dialogue.
Pour 20 minutes c’est l’actualité du sujet qui fait la force du film. La jeunesse est inquiète pour son avenir et les lycées sont en cours de réforme dans une France en pleine crise économique. Le quotidien 20 Minutes est content d’y voir le reflet d’une nouvelle réalité chez les jeunes : le lynchage via l’utilisation des téléphones portables. Télérama y voit une fable réussie sur toutes ces peurs qui s'ancrent dans le quotidien et auxquelles on finit par s'habituer. Le film plaît pour le portrait social qu’il dresse.
La relation d’Adjani au métier d’acteur et aux autres comédiens
Isabelle Adjani est ravie d’annoncer sur le plateau de France 2 qu’elle a pratiquement tourné ce film « clandestinement ». Dans Le Parisien, elle évoque le luxe de tourner un film à petit budget dans le 93. Isabelle a aimé renouer avec la simplicité du métier d’acteur. Elle évoque ici, là et là la relation qu’elle a établi avec les jeunes acteurs du film : une relation à la fois maternelle et pédagogique. En effet, l’actrice a fait le choix de ne jamais quitter son costume d’institutrice afin que les jeunes acteurs restent concentrés dans leurs rôles d’élèves. Dans « L'Express », quatre jeunes comédiens racontent leur expérience cinématographique. Certains avaient déjà joué dans la fameuse série de Canal sur les banlieues, la Commune.
Dans le Nouvel Observateur, Isabelle Adjani nous confie qu’il fallait que son rôle soit juste en face de jeunes comédiens qui vivent cette réalité toute la journée.
Nouveau référent cinématographique : L’esquive
Après Entre les murs, un nouveau référent cinématographique est mentionné dans Le Monde et 20 minutes, c’est L'esquive d’Abdellatif Kechiche.
La Jupe et les femmes
A la radio, c’est l’histoire de la relation entre les femmes et la Jupe qui plaît. Marion Ruggieri sur France Info explique que La Journée de la Jupe est une initiative créée en mars 2009 en Bretagne dans un lycée en milieu rural. Le concept est très vite un succès. Porter une jupe devient un acte militant. Marion Ruggieri s’interroge : comment en est-on arrivé là en quarante ans ?
Dans le Fou du Roi sur France Inter, l’heure est à l’ ironie : « Pendant des années, les femmes ont lutté pour mettre un pantalon, aujourd’hui, elles luttent pour mettre une jupe ». L’initiative de La Journée de la Jupe est également mentionnée dans le Grand Journal intitulée cette fois le « Printemps de la jupe et du respect ». Isabelle Adjani le souligne : « Le respect est un mot à double tranchant ».
La Journée de la Jupe défraye la chronique car c’est un film juste, pas un film simple. Le rôle de la fiction est maîtrisé. Le spectateur est en empathie avec le professeur qui prend l’arme. Adjani s’ explique : « Les élèves à travers leur attitude victimaire se transformeraient en bourreaux ». A vous de voir.







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