Une tragédie qui tient le spectateur jusqu’au bout
Les internautes admettent qu’ils ont été tenus en haleine par ce huis-clos asphyxiant et anxiogène. Le film alterne entre tension et malaise suscitant parfois chez les téléspectateurs des moments stupéfiants et inattendus d’agitation. Le film est comparé à une tragédie grecque où les personnages sont perdus d’avance. Ici, la tragédie, qu’elle soit grecque ou racinienne, là, le thriller, en tout cas, le suspense est bien présent.
Un constat, pas de jugement
Cru, profond, sans détour ni fioriture, La Journée de la Jupe ne prend pas parti. Et c’est ça qui plaît.
Les thèmes du racisme, de la religion, de la mixité sont abordés avec un pessimisme qui semble sans solution un peu comme une version « trash » d’Entre les murs.
Le film pose des questions mais ne donne pas de réponse. Il met le spectateur en face d’une dure réalité. « Là » une femme explique qu’elle a laissé ses jeunes enfants devant le film pour qu’ils réalisent à quel point ils grandissent dans un environnement protégé.
Cette justesse du constat social est saluée sur le web. Les internautes s’interrogent : Comment en est-on arrivé à cette impasse ? On est tous responsables mais personne n’est coupable.
Un nouveau thème par rapport au film de Cantet : le sexisme
Les internautes féminines sont contentes d’y voir un thème actuel qu’Entre les Murs n’abordait pas : le fossé grandissant d'irrespect entre filles et garçons de cette troisième génération issue de l’immigration. Sur le forum d’ARTE on salue ce cri de liberté pour les femmes des cités. Là, on évoque la menace des « frères à casquette » dans les banlieues. Si Sonia est comparée à une pute à cause de sa jupe, sur le web on assimile le pantalon à un voile.
Des prestations remarquables
Les jeunes comédiens sélectionnés sur le tas sont criants de vérité et leur authenticité dans le jeu est fortement appréciée dans les commentaires sur le site d’ARTE.
Le casting est solide, surprenant même, et les jeux d’acteurs font penser à ceux d’Actor’s studio. Les performances d’acteurs sont tour à tour saluées, que ce soit Jacky Berroyer en tant que chef d'établissement, Denis Podalydès en négociateur du RAID, ou bien sûr Isabelle Adjani dans le rôle principal.
Un anti - « Entre les murs » criant d’authenticité
La Journée de la Jupe montre la vérité sociale telle qu’elle est. On est loin de l’intellectualisation de la vérité sociale d’Entre les murs. Ici, on se réjouit que cette fois on ne nous cache rien. L’angélisme d’Entre les murs a disparu pour montrer la barbarie à laquelle aboutissent la baisse du niveau et la lâcheté administrative.
La réalité quotidienne des enseignants à qui l’on conseille de "relativiser" à longueur d'année au lieu de traiter les problèmes est mise en exergue. Au post.fr les professeurs témoignent de la véracité de cette situation. Les internautes sont contents que le tabou soit enfin levé à travers des dialogues crus et authentiques.
Immigration et politique de la ville
Enfin, sur la toile on dénonce la politique de la ville en comparant Entre les murs et La Journée de la Jupe. Sur le post.fr, c’est le problème d’urbanisme qui est souligné : La Journée de la Jupe situé dans une banlieue est un film beaucoup plus violent qu’Entre les murs dévoilant la réalité d’un collège situé dans le 20e arrondissement. Les internautes constatent que la ghettoïsation des enfants d’immigrés liée à la politique de la ville accroît la violence.
Misha, une enseignante salue le militantisme d’Adjani qu’elle considère une citoyenne courageuse en plus d’être une grande actrice.
Ici, on milite pour la diffusion de ce film dans les écoles dès la classe de 3e afin d’alimenter des débats entre les élèves sur des thèmes comme les rapports filles-garçons, la loi du silence, la violence verbale, la laïcité, l’acceptation de la différence, le sens de l’école et les rapports professeurs-élèves.
Le film est complet et donne matière à réflexion et au débat. Alors pourquoi ne pas instaurer comme évoqué ici une journée de la franchise à la place d’une « journée de la jupe » ?
Hors de l'Hexagone
Le film de Jean-Paul Lilienfeld fait parler de lui hors de l'Hexagone : "Ici" c'est une internaute d'Angleterre qui fait un appel à témoignage sur le film pour son site personnel.







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