Art électroniqueC'est un terme industriel électronique qui caractérise par négligence sémantique un art alors que Frank Popper avait eu la précaution de signer un livre intitulé L'art à l'âge électronique dans les années 80. Aujourd'hui, l'expression industrielle art électronique continue à caractériser les associations les plus anciennes dans le domaine comme ISEA et l'événement le plus emblématique comme Ars electronica. C'est le terme le plus ancien dans le genre pour caractériser une nouvelle forme d'art. Il se perpétue par habitude. Le mot électronique découle de la période où l'ordinateur n'était pas encore dominant dans le domaine. La focalisation sur l'électron permet de faire une continuité avec l'éphémère art électrique d'avant guerre. Il montre que l'art utilise l'électricité dans des machines électroniques qui datent de la fin du 19e siècle. Aujourd'hui, la justification de cette dénomination industrielle est reprise par la plus grande société mondiale de jeux vidéos, Electronic Arts. On peut dire que l'expression art électronique vit des habitudes du passé parce qu'art électrique fait par trop vulgaire et que l'électron est encore prestigieux.
Art numériqueC'est un terme où les arts recherchent les mathématiques. Il tente de résumer la caractéristique originale des ordinateurs, fonctionner avec des ondes électromagnétiques modulées en deux catégories distinctes qui miment le 0 et 1. Certaines vulgarisations extrêmes le rapprochent du boulier en montrant faussement qu'un circuit où le courant passe est un 1 et un autre où il ne passe pas un 0. Bien sûr, un ordinateur est constamment sous tension et cela ne peut refléter son fonctionnement.
C'est une machine électromagnétique dans laquelle un enchiffreur code les informations sous forme binaire (0 et 1) pour entrer dans une machine séquentielle. Art binaire aurait été plus juste mais aussitôt rejeté sur le plan des connotations culturelles à tendance fruste. Art numérique est donc un produit non pas industriel mais de marketing. C'est une expression qui sonne à la fois juste et indiscutable. Comme l'expression "C'est mathématique!" qui coupe toute discussion. Certains sont allés jusqu'à dire et écrire que l'art numérique signifiait la dématérialisation des oeuvres ce qui prouve que Pythagore a bien été oublié. Le terme numérique est bien plus populaire comme influence du marketing que le terme électronique. Il joue sur une certaine mystique des nombres qui existe depuis toujours alors qu'en fait il ne s'agit que de deux signaux comme dans le Morse, une brève et une longue remplacés par un 0 et un 1. L'avantage de cette numérisation consiste techniquement dans la diffusion et la reproduction d'un signal. Son inconvénient est qu'il engendre toujours une forte perte de signal. Le signal électromagnétique analogique est toujours plus fidèle à la source que le signal qui a subi un traitement numérique.
Art médiatiqueC'est un terme politique qui concerne en fait un seul pays, le Canada. Le Canada, depuis les années 50, se caractérise comme un territoire structuré par des moyens de communication. C'est un pays qui a une faible population pour un immense territoire et doit compenser cela par des systèmes de communication denses pour éviter de se faire absorber par les États-Unis. Le terme est né au Canada comme reflet de la politique de l'État fédéral dans le domaine des arts qui utilisent les moyens de diffusion électroniques et numériques. Les successeurs de McLuhan ont forgé cette idée que le Canada est le produit de ses moyens de communications (le media est le message). Il y a donc des institutions officielles canadiennes (et québécoises) qui reprennent cette appellation qui consistent à faire jouer aux artistes un rôle politique dans le soutien d'un État. Les artistes canadiens (et québécois) dans ce domaine sont contrôlés par des dirigeants des médias de masse. Il est donc évident que les arts médiatiques ont surtout une fonction de propagande.






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