John MuirQuinze cents kilomètres à pied à travers l'Amérique profonde
Traduit de l'anglais par André Fayot
Editions Corti, octobre 2006
Domaine Romantique
176 p /17 €
Durant deux ans, de 1867 à 1869, le célèbre botaniste, John Muir a exploré les contrées sauvages d’une Amérique encore peu industrialisée. Cette excursion botanique lui a permis d’étudier et de collecter des spécimens de la flore des régions traversées. Choisissant délibérément les sentiers les moins empruntés, dormant souvent à la belle étoile, John Muir a marché des forêts du Kentucky à la Floride, rejoignant ensuite la Californie. Enthousiaste, il nous communique son émerveillement face à l’œuvre de la nature dont il observe les fruits avec respect.
Partant d’Indianapolis, il rejoint les Monts du Cumberland. Les francs-tireurs errent sur les plateaux à la recherche de quelques méfaits à commettre. John Muir se dégage avec naturel des situations qui pourraient s’avérer dangereuses, usant de son dénuement et de son sens de la diplomatie comme bouclier. La guerre de Sécession marque de son empreinte Savannah et les grandes plantations. Les esclaves libérés vivent dans la misère, établissant leur campement dans les marécages de Floride ou de la Louisiane. Des familles de planteurs lui offrent l’hospitalité mais bien souvent, il dort « dans le grand dortoir de la vaste nuit » en compagnie des arbres et des plantes.
A côté de Savannah, il campe dans le cimetière de Bonaventure, érigeant un rempart de végétation, dormant dans une hutte improvisée pendant quelques nuits. Les tombes noyées dans la végétation le préservent des mauvaises rencontres et deviennent les sentinelles de son havre de paix. « Les vents sont pleins de sons étranges, qui vous font vous sentir bien loin des gens, des plantes et des champs généraux de votre lieu d’origine. La nuit descend, et je suis habité d’un sentiment de solitude indescriptible. »
Marchant droit devant lui, il passe des forêts tempérées traversées de torrents impétueux aux mangroves infestées d’alligators. Le récit, un journal de bord contient les impressions de John Muir griffonnées dans l’immédiateté. Les paragraphes sont des instantanés, un état des lieux des merveilles naturelles. Atteint d’une fièvre dangereuse, il reste alité quelques semaines avant de rejoindre Cuba. Il découvre une ville pleine de bruits et de couleurs. « Je me trouvais donc bel et bien dans l’un des heureux pays de mes rêves, la plus belle île des Antilles. »
Ne se départissant jamais de son enthousiasme, il rejette néanmoins les centres urbains, et lors d’une escale à New York, il n’entre pas dans la ville, restant aux abords du port.
Le récit, mâtiné de réflexions personnelles, se clôt en Californie. D’autres voyages et découvertes l’attendent.
« Quinze Cent kilomètres à pied », texte enthousiaste, rend compte du premier voyage de John Muir qui le mènera aux quatre coins du globe. Fenêtre ouverte sur le passé, le récit agrémenté de quelques images, dont des croquis de l’auteur est une ode à la nature et à sa beauté préservée.
« Personne, toutefois, vu la rapidité avec laquelle notre époque avance ne peut dire jusqu’à quel point notre planète sera finalement soumise à la volonté de l’homme. »
Alexandra Morardet
- John Muir, né en 1838 à Dunbar en Ecosse, il émigre avec sa famille aux Etats-Unis en 1849. Dés son plus jeune âge, il invente des instruments ingénieux, fabrique des horloges. En 1867, il travaille dans un magasin de pièces détachées d’attelages à Indianapolis. Souffrant d’une cécité passagère, il décide à sa guérison, de se consacrer à l’exploration et à l’observation de la nature. En 1874, il commence une série d’articles consacrée à la Sierra Nevada. Il a contribué à créer les grands parcs nationaux américains, comme celui de Yosemite, de Sequoia et du Grand Canyon.






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