
Partie 1:
"LE MARIAGE DE MARIA BRAUN"
&
Rétrospective en 7 films
"LOLA, UNE FEMME ALLEMANDE"
"LE SECRET DE VERONICA VOSS"
"LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT"
"LE DROIT DU PLUS FORT"
"LA TROISIEME GENERATION"
"MAMAN KUSTERS S’EN VA AU CIEL"
"TOUS LES AUTRES S’APPELLENT ALI"
En 2004 et 2005, CARLOTTA FILMS vous propose de découvrir ou de redécouvrir l’essentiel de l’œuvre de RAINER WERNER FASSBINDER à travers 30 films, au cinéma et en DVD, et ce grâce à deux rendez-vous majeurs.
En octobre, vous pourrez découvrir au cinéma huit des plus grands films de Fassbinder. En mars 2005, huit autres films seront présentés au cinéma, et seront accompagnés d’une première série de coffrets DVD qui rassembleront les films précédemment présentés en salles, mais également des films inédits et de nombreux compléments de programme : téléfilms, court-métrages, documentaires, bonus, …
Après avoir été refusé à l’académie allemande du cinéma et de la télévision de Berlin (alors qu’il a déjà réalisé deux court-métrages), Fassbinder crée un collectif :
l’Action-Theater. Chaque membre doit être polyvalent : acteur, metteur en scène, technicien… L’esprit d’indépendance et de famille s’installe, comme il s’installa chez Cassavetes, dans un genre bien différent. Fassbinder joue avec ce collectif sa première pièce : Le Bouc. Le collectif survit un an, puis Fassbinder fonde une seconde troupe : l’antiteater, en compagnie d’Hanna Schygulla (qui deviendra le symbole de son cinéma), Kurt Raab, qui deviendra un de ses acteurs fétiches, et Peer Raben, qui mettra en musique bon nombre de ses films. Après trois ans et vingt pièces, il tourne son deuxième long-métrage (adapté de l’une de ses pièces) qui reçoit un plébiscite tant critique que publique. Il fonde alors sa maison de production : Tango film, et ne cessera de tourner, malgré des budgets réduits, mais avec des comédiens et des techniciens fidèles : Hanna Schygula, Ingrid Caven, Dietrich Lohmann, Thea Eymèsz, Peer Raben, et d’autres…
Profondément ancré dans l’Allemagne sociale et politique, le cinéma de Fassbinder n’est pourtant pas austère, empruntant plus aux flamboyants mélodrames américains qu’à la tradition germanique. Douglas Sirk est sans conteste sa plus vive influence et il ne s’en cache pas : « Depuis que j’ai vu des films de lui et essayé d’écrire sur lui, Sirk est vraiment présent dans tout ce que j’ai fait. Non pas Sirk lui-même, mais ce que j’ai appris chez lui. ». Son influence est visible aussi bien dans les thèmes abordés par les deux cinéastes (les interdits sociaux comme dans Tous les autres s’appellent Ali, sorte de remake de Tout ce que le ciel permet) que dans la forme, avec des couleurs anti-naturalistes. Mais Sirk n’est pas la seule influence : à ses côtés, on peut retrouver des thèmes chers à Hawks et Walsh, jouant perpétuellement sur l’ambiguïté sexuelle, les fortes personnalités des femmes, ou encore Joseph von Sternberg et ses éclairages hollywoodiens qu’il reprendra dans Le mariage de Maria Braun, par exemple.
Si l’œuvre de Fassbinder est peu vue, elle n’en est pas moins déterminante et inspirante pour de nombreux cinéastes actuels. Le plus connu du grand public est sans doute François Ozon et son adaptation de Gouttes d’eau sur pierre brûlante. Il découvrit la pièce de Fassbinder au théâtre et trouva enfin le scénario qu’il cherchait sur la difficulté de vivre en couple. Il admire le cinéaste, « sa manière de faire des films coûte que coûte, avec ou sans argent, avec une troupe fidèle, et dans une belle boulimie ». Selon lui « la force de Fassbinder est de plonger le spectateur dans l’anecdotique et la vie quotidienne d’un couple particulier, et de réussir à donner une vision universelle du couple ». Mais François Ozon n’est pas le seul cinéaste à être impressionné et inspiré par Fassbinder. Wim Wenders tourna Chambre 666, un film lors du Festival de Cannes en 1982 en invitant plusieurs réalisateurs, dont Fassbinder à parler seul dans une pièce et devant une caméra sur l’état et l’avenir du cinéma. Amos Kollek et ses personnages de femmes fortes et dont les traits prirent ceux de Anna Thomson (son Hanna Schygulla), Todd Haynes dont le cinéma reflète tant les films de Fassbinder que ceux de Douglas Sirk dans Loin du Paradis, sont également très inspirés par l’œuvre de Fassbinder.
R.W. FASSBINDER partie 1
LE MARIAGE DE MARIA BRAUN (Die Ehe der Maria Braun), 1978
Scénario : Peter Märtesheimer, Pea Fröhlich, d’après une idée de Rainer Werner Fassbinder, Image : Michael Ballhaus, Montage : Juliane Lorenz, Musique : Peer Raben, Décors : Helga Ballahaus, Durée : 2h, Interprétation : Hanna Schygulla, Klaus Löwitsch, Ivan Desny, Gottfried John, Gisela Uhlen, Günter Lamprecht, George Byrd
De 1943 à 1954, les amours contrariées de Maria et Hermann Braun. Parti sur le front russe juste après son mariage, Hermann est porté disparu, tandis que Maria devient entraîneuse dans un bar pour G.I.’s. Elle y rencontre Bill, un soldat noir dont elle tombe enceinte.
LOLA, UNE FEMME ALLEMANDE (Lola), 1981
Scénario : Peter Märthesheimer, Image : Xaver Schwarzenberger, Montage : Juliane Lorenz, Musique : Peer Raben, Décors : Raul Gimenez, Durée : 1h53, Interprétation : Barbara Sukowa, Armin Muller-Stahl, Mario Adorf, Matthias Fuchs, Karin Baal
A la fin des années cinquante, dans une petite ville de Bavière, l’affrontement entre l’urbaniste Bohm et Schuckert, l’entrepreneur qui gère tous les chantiers de la ville, enrichi grâce au marché noir de l’après-guerre. Entre les deux hommes, la question du bien public, la morale de l’argent et du « boom économique » et… Lola, prostituée et strip-teaseuse à la Villa Fink.
LE SECRET DE VERONIKA VOSS (Die Sehnsucht der Veronika Voss), 1981
Scénario : Peter Märthesheimer, Pea Fröhlich, d’après une idée de Rainer Werner Fassbinder, Image : Xaver Schwarzenberger, Montage : Juliane Lorenz, Musique : Peer Raben, Décors : Rolf Zehetbauer, Noir et blanc, Durée : 1h 44, Interprétation : Rosel Zech, Hilmar Thate, Cornelia Froboess, Annemarie Düringer, Armin Mueller-Stahl
Ours D’or au Festival de Berlin, 1982
A Munich, en 1955, la rencontre entre Robert Krohn, chroniqueur sportif, et Veronika Voss, grande star de cinéma d’avant-guerre. Un rapport de fascination et de compassion s’instaure entre Robert et l’actrice déchue. Il découvre peu à peu que Veronika vit sous l’influence du Dr Katz, femme affable qui l’approvisionne en morphine dans sa clinique privée. Robert et sa femme Henriette conçoivent un plan pour faire tomber la doctoresse…
LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT (Die bitteren Tränen der Petra von Kant), 1972
Un film de Rainer Werner Fassbinder –Scénario : Rainer Werner Fassbinder, d’après sa pièce, Image : Michael Ballhaus, Montage : Thea Eymèsz, Décors: Kurt Raab, Durée : 2h 04, Interprétation : Margit Carstensen, Hanna Schygulla, Irm Hermann, Eva Mattes, Katrin Schaake, Gisela, Fackeldey
Styliste de mode très réputée, Petra von Kant vit une vie de femme libre et indépendante, assistée de Marlene, qui est à la fois sa secrétaire, sa dessinatrice, sa bonne à tout faire entièrement soumise. Petra tombe folle amoureuse de Karine, une jeune prolétaire dont elle décide de faire son mannequin vedette. La passion se transforme en jalousie maladive. Marlene observe sa patronne révéler sa fragilité, puis devenir esclave à son tour lorsque Karine s’en va rejoindre son mari…
LE DROIT DU PLUS FORT (Faustrecht der Freiheit), 1974
Scénario : Rainer Werner Fassbinder, Image: Michael Ballhaus, Montage: Thea Eymèsz, Musique: Peer Raben, Décors: Kurt Raab, Durée : 2 h 03, Interprétation : Rainer Werner Fassbinder, Peter Chatel, Karlheinz Böhm, Rudolf Lenz, Karl Scheydt, Hans Zander, Kurt Raab
Franz, dit « Fox », forain au chômage, drague Max, antiquaire qui va l’introduire dans la société homosexuelle bourgeoise. Ayant gagné au loto, Franz tombe sous la coupe d’Eugen, qui pille son compte en banque tout en essayant de lui inculquer les bonnes manières. Mais Franz ne peut cacher ses origines prolétariennes dans ce monde bourgeois et hypocrite. Bientôt ruiné, il sera abandonné par ses amis de la veille…
LA TROISIEME GENERATION (Die Dritte Generation), 1979
Scénario: Rainer Werner Fassbinder, Image: Rainer Werner Fassbinder, Montage: Juliane Lorenz, Musique: Peer Raben, Décors: Raul Gimenez, Volker Spengler, Durée: 1 h 50, Interprétation: Volker Splenger, Bulle Ogier, Hanna Schygulla, Harry Baer, Vitus Zeplichal, Udo Kier, Margit Carstensen, Eddie Constantine, Raul Gimenez
Hiver 1978-1979, à Berlin. Un groupe de jeunes gens se réfugient dans l’action terroriste après que l’un des leurs a été abattu par la police. Ils veulent profiter du carnaval pour enlever Peter Lenz, le dirigeant d’une entreprise informatique. Mais celui-ci manipule en réalité les terroristes avec le soutien de la police et du chef du réseau, August Brem…
MAMAN KÜSTERS S’EN VA AU CIEL (Mutter Küsters’ Fahrt zum Himmel), 1975
Scénario: Rainer Werner Fassbinder, Kurt Raab, Image: Michael Ballhaus, Montage: Thea Eymèsz, Musique: Peer Raben, Décors: Kurt Raab, Durée : 1h 20, Interprétation : Brigitte Mira, Ingrid Caven, Karlheinz Bohm, Margit Carstensen, Irm Hermann, Gottfried John…
Licencié, Hermann Küsters, jusqu’alors ouvrier dans une usine chimique de Francfort, tue son patron dans un geste de désespoir avant de se donner la mort. La presse à scandales s’empare de l’affaire et harcèle sa veuve, Maman Küsters. Ernst, le fils, s’éloigne de la famille car le meurtre du père porte atteinte à sa réputation. Corinna, la fille, est séduite par un reporter à la recherche de confidences. Le drame de Maman Küsters est ensuite exploité par le parti communiste puis une organisation gauchiste prônant la guérilla urbaine.
TOUS LES AUTRES S’APPELLENT ALI (Angst essen Seele auf), 1973
Scénario: Rainer Werner Fassbinder, Image: Jürgen Jürges, Montage: Thea Eymèsz, Décors: Rainer Werner Fassbinder, Durée: 1h 33, Interprétation : Brigitte Mira, El Hedi Ben Salem, Barbara Valentin, Irm Hermann, Rainer Werner Fassbinder, Karl Scheydt, Elma Karlowa, Liselotte Eder
Dans un café fréquenté par des travailleurs immigrés, Emmi, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Ali, un Marocain plus jeune qu’elle. Ali s’installe chez elle dès le lendemain, puis ils se marient. Les enfants d’Emmi, ses voisins, ses collègues, tous sont scandalisés par cette union. Le couple est mis à l’écart, mais va vite se révéler indispensable à la communauté…






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