
de Jos Stelling
(1977 - 1h51 - couleur - Pays-Bas)
Avec Frans Stelling, Ton de Koff, Haneke Van de Veld...
Un DVD ED Distribution
Synopsis : la vie du maître légendaire Rembrandt van Rijn (1606-1669), à partir de son arrivée à Amsterdam en tant que peintre reconnu. On y découvre les démêlés amoureux et les difficultés financières d’un homme tourmenté…Critique : Dans les années 70, à quatre années d’intervalle, naissent sur les écrans deux chefs d’œuvres ayant pour objet le portrait d’un peintre de renom: d’un côté Peter Watkins réalise en 1973 « Edvard Munch », de l’autre Jos Stelling en 1977 produit « Rembrandt fecit 1669 ». Les deux films sont très différents : pour Edvard Munch le cinéaste anglais avait usé à bon escient d'anachronismes pour décrypter des parallélismes de l’Histoire et une critique des sociétés modernes. Le Hollandais Jos Stelling quant à lui cherche à transmettre prioritairement sa fascination pour un génie en étant le plus fidèle possible à son modèle.
Depuis l’enfance Stelling est attiré par Rembrandt, artiste hors norme qui par son talent, bouscula l’Histoire de la Hollande au 17ème siècle. Le cinéaste organise un casting très rigoureux afin de trouver les visages le plus ressemblants au peintre et à son entourage. Surtout, avec le chef opérateur Ernest Bresser, Jos Stelling décide de travailler la lumière comme un moyen dramatique essentiel. Au travers elle et en silence (le film est très peu dialogué), il parvient à faire fusionner littéralement ce qui est enregistré par la caméra avec l’esthétique picturale de Rembrandt. Il joue systématiquement sur cette confusion avec le spectateur : la toile est l’écran, l’écran est la toile qui s’unissent dans un élan de sensualité permanent, une danse donnant vie aux formes, aux objets, à la matière et, au final le plus important, à l’œil objectif de Rembrandt. Stelling navigue aussi sur ce va et vient pour sous-tendre une réflexion métaphysique sur la notion de cadre et de hors champs. La lumière sert encore à décrire des contrastes d’éléments biographiques, Rembrandt représenté sous les traits d'un homme solitaire hanté par le souvenir de trois femmes qui se sont succédées dans son existence. Chacune à laissé une empreinte forte de leur passage, à la fois sombre et lumineux comme autant de signes de vie liés à l’amour charnel ou la naissance d’un enfant, qu'une annonce de mort ou de faillite personnelle pour le peintre.« Rembrandt fecit 1669 », à savoir la signature apposée par le peintre peu avant sa mort sur le dernier de ses autoportraits, porte ainsi un titre emblématique: face au tableau quasi mortuaire se superpose le visage du Maître ressuscité par la flamme vibrante de Jos Stelling qui, avec pudeur, gravité et ravissement, délivre un geste cinématographique en tous points remarquable.
Olivier Bombarda
Les compléments du film:- "Rembrandt, peintre de l'homme" (1957, 20 min.)
- Livret 16 pages
- Jos Stelling sur ses films
En savoir plus + un extrait du film-----------------------------
Rembrandt fecit 1669
de Jos Stelling
(1977 - 1h51 - couleur - Pays-Bas)
Avec Frans Stelling, Ton de Koff, Haneke Van de Veld
Un DVD ED Distribution
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Avec pudeur, gravité et ravissement,
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