Un cycle de cinéma trash sur Arte, ça vous évoque quoi ?Pierre La Police : C’est plutôt une bonne chose. Le cinéma trash a peu de droit de cité sur la plupart des chaînes les plus regardées. Après, sur le câble il y a quand même un bel espace pour ça… Mais sur Arte, oui, je trouve que ça s’intègre bien dans l’image de la chaîne : la politique, la direction, qui a été la sienne jusqu’à présent. Oui, oui, c’est une bonne chose.
Y aurait-il un ou des films que vous pourriez conseiller dans le cadre d’un tel cycle?Pierre La Police : Je trouve toujours ça un peu injuste d’en citer un … Je ne suis pas du genre à avoir un grand film phare, à vraiment faire une obsession sur un film particulier ou même sur deux ou trois. J’apprécie le cinéma dans toute sa diversité, je trouve que tous les films, justement, se renforcent les uns par rapport aux autres et forment un motif intéressant en tant que tout. C’est cette diversité que je trouve intéressante. J’aime bien le mélange, j’aime bien les films de genre et toutes les rencontres qui sont possibles aujourd’hui... Ça, c’est quelque chose qui est formidable aujourd’hui, qu’on ne pouvait pas se permettre avant : de pouvoir mettre tout dans le shaker et mélanger… Que ce soit en musique, en écriture, en cinéma… C’est un des grands bonheur de notre époque.
Est-ce que vous avez encore des projets de cinéma ?Pierre La Police : J’en ai, mais c’est toujours un peu difficile de trouver des financements pour des projets qui sont, de par leur côté… on va dire étrange, ou bizarre, destinés à ne pas rapporter énormément d’argent. Ou en tout cas, ils ne peuvent pas s’inscrire dans une logique commerciale prévisible. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire en étant sûr de son coup et en sachant que ça va rapporter des milliards de dollars…
C’est un projet de long-métrage ?Pierre La Police : Plutôt court-métrage… Je viens de passer un an au japon pour travailler sur un projet en rapport avec les films de monstres post-atomiques japonais et ça devrait donner lieu à un projet d’exposition, d’édition et il y a un film également dans l’histoire… Je suis un peu en recherche d’un producteur…
Tous vos projets sont prévus avec des portes qui ouvrent sur autre chose ? Une exposition peut donner…Pierre La Police : Oui, je ne cherche que ça, justement, à ouvrir des portes et à veiller à ce qu’on puisse en refermer le moins possible derrière.
Du coup pas de catégorisation, non plusPierre La Police : Exactement.
Je ne vous colle pas une étiquette trash alors, ça ne vous plaira pas…Pierre La Police : Non, ben, vous pouvez toujours, ça ne me dérange pas, mais je ne me reconnais pas là-dedans.
Disons qu’il y a quand même une partie de votre univers qui s’y intègrePierre La Police : Oui, bien sûr. Après, il y a plein de choses dans lesquelles je reconnais une facette, une partie de moi. C’est vrai que mon travail est, par exemple, assez en rapport avec la culture populaire, parfois même dans ses aspects les moins fréquentables. Mais, bon, c’est juste un aspect. J’essaie de ne pas en privilégier un plus qu’un autre.
J’ai essayé en vain d’accéder à votre site internet…Pierre La Police : Il avait été supprimé, mais des gens l’avaient gardé en copie et l’ont remis sur d’autres serveurs… Moi, je ne peux plus intervenir dessus. De toute façon je l’ai fait, il y a dix ans, quelque chose comme ça, je l’avais programmé à ce moment-là et je ne l’ai jamais remis à jour… Ce n’est même pas une vitrine de mon travail, c’était plus un travail sur la culture d’entreprise, mais ce n’est pas représentatif de ce que je fais aujourd’hui.
C’est vrai qu’internet c’est aussi un médium qu’on peut détourner : en faire des choses artistiques, s’amuser avec …Pierre La Police : Oui, tout à fait. Je l’avais fait dans cette optique là, ce site. Je n’avais pas envie de montrer le travail que j’avais fait jusqu’à présent, je préférais tirer parti du média pour faire un objet, à partir de ça…
Avez-vous d’autres projets de cet ordre sur internet ?Pierre La Police : J’aimerais beaucoup, j’ai pas mal d’idées qui vont dans ce sens-là. Mais après, le problème c’est qu’il y a dix ans, à l’époque où j’ai fait mon site, on pouvait tout à fait s’improviser webmaster avec très peu de connaissances. C’est ce que j’ai fait, j’ai tapé toutes les balises à la main. Mais aujourd’hui, c’est devenu beaucoup plus compliqué, on est obligé de faire appel à des développeurs et pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé de collaboration possible. Enfin, il faut dire que je ne suis pas très actif dans la recherche, dans ce domaine, parce que, ben, c’est difficile d’être sur tous les fronts à la fois… Mais j’aimerais beaucoup, oui.
Grand merci, Pierre La Police ! Et merci Fantastic’Arts.
Entretien réalisé à Gérardmer le 2 février 2007 par Jenny Ulrich
Quelques liens internet :
Le site très interactif du principal éditeur de Pierre La Police
Un autre éditeur
Quelques « Véridique »
Une expo Pierre La Police






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