Si Guillaume Ier gouvernait la Prusse, Bismarck en était la tête pensante. Chancelier, il a été l’artisan de l’unification de l’Allemagne. La guerre de 1870-71 en fut le dernier acte. Sa stratégie : fédérer autour de la Prusse l’ensemble des Etats allemands. La victoire de Sadowa en 1866 renforce la position de la Prusse et l’Autriche voit s’envoler ses derniers espoirs d’hégémonie. Pour achever l’unité allemande, Bismarck a encore un dernier obstacle : la France.
Le déclenchement de la guerre
L’événement déterminant est l’offre de la couronne d’Espagne au prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, cousin de Guillaume Ier. Napoléon III ne peut accepter une alliance entre la Prusse et l’Espagne. A la suite de sa rencontre avec l’ambassadeur de France, Guillaume Ier informe Bismarck de son rendez-vous. Il lui adresse depuis Bad Elms un télégramme lui annonçant qu’il ne soutient plus la candidature de son cousin au trône d’Espagne. Dès réception du message, Bismarck qui estime que le roi a agi par faiblesse, déforme la dépêche royale en lui donnant un tour belliciste.Napoléon III insulté par la dépêche d’Elms, déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. La France n’a pourtant plus d’alliance, les interventions militaires à l’extérieur de 1854 à 1867 (Crimée,Chine, Cochinchine, Mexique, Algérie) ne lui permettent de disposer que de 250 000 hommes. Tous les états allemands s’allient avec la Prusse et c’est une armée de 800 000 hommes qui envahit la France. Napoléon III malade et découragé signe sa capitulation le 2 septembre 1870. Il est fait prisonnier avec les 80.000 hommes battus à Sedan.
La IIIe République
Napoléon III est déchu. Il s’exilera en Angleterre, où il mourra trois ans plus tard. La IIIe République est proclamée le 4 septembre. Le 19 septembre, Paris est encerclé par les troupes prussiennes. Gambetta organise la résistance. Il quitte Paris en ballon le 7 octobre et rejoint Tours. Il reconstitue trois armées (Nord, Loire et Est).
Le 27 octobre, l’armée du Maréchal Bazaine capitule à Metz. En décembre, sur la Loire, le Général Chanzy est défait et se replie derrière la Mayenne. En janvier, le Général Faidherbe après les batailles de Bapaume et Saint-Quentin, bat en retraite dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. A l’Est, Bourbaki échoue à Héricourt et Montbéliard et se réfugie en Suisse le 1er février 1871. Quant à la garnison de Belfort commandée par le Colonel Denfert-Rochereau, elle résiste héroïquement.
Paris, affamé, épuisé, bombardé, se rend le 28 janvier 1871 après l’échec de la sortie du Général Trochu à Buzenval. Le Traité de paix est signé à Francfort le 10 mai 1871. La Franceabandonne l’Alsace, la partie nord-est de la Lorraine et est condamnée à verser une contribution de guerre de 5 milliards de francs or. Les vainqueurs occupent certains départements frontaliers qui seront libérés dès 1873 après paiement anticipé de l’indemnité, grâce aux deux emprunts réalisés sous le gouvernement d'Adolphe ThierLa commune
L’après-guerre, sous le gouvernement Thiers (1871-73), est marquée par une terrible insurrection : la Commune. Le peuple de Paris, désespéré par la misère résultant du siège et des nouvelles lois qui l’accablent, se fédère avec de nombreux bataillons de la Garde Nationale puis avec les troupes de Paris. Ils forment le 26 mars 1871 le Conseil de la Commune de Paris.
Le gouvernement se retire à Versailles où siège l’Assemblée et, à l’aide d’une armée formée avec les prisonniers revenus d’Allemagne, commence le siège de la capitale. Les combats sont meurtriers et la ville est bombardée. Le 21 mai 1871, les Versaillais pénètrent dans Paris et livrent de furieuses batailles pendant « la semaine sanglante ».
La répression se poursuit pendant de longs mois (conseils de guerre, condamnations à mort, déportations des fédérés...)
Les conséquences
Le 18 janvier 1871, Guillaume Ier est proclamé Empereur d’Allemagne à Versailles. L’unité allemande est réalisée. La France est amputée d’un partie de son territoire tandis que les Etats Papaux, jusqu’alors protégés par les troupes françaises, sont renversés au profit d’un état italien.Le visage de l’Europe est donc radicalement différent. L’Autriche-Hongrie ne peut plus s’opposer à l’Allemagne et s’alliera donc par la suite au nouvel état. La France est profondément meurtrie et humiliée, les dettes dûes à l’Allemagne sont colossales. Les tensions préfigureront la guerre de 1914.







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