Des siècles de persécution des Juifs alimentent le rêve d’un retour en Eretz Israël pour la diaspora. Dès la fin du XIX e siècle, alors que les États européens connaissent à nouveau la montée du nationalisme et, parallèlement, de l’antisémitisme, le mouvement sioniste apparaît dans les communautés juives d’Europe : il s’agit de créer un État des Juifs en Palestine - état laïc à l’origine.
1894
Theodor Herzl, jeune journaliste hongrois d’origine juive, assiste à Paris à l’injuste condamnation du Capitaine Dreyfus, sous les cris de « Mort aux Juifs ». Il en tire comme conclusion qu’il est illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l’assimilation, et qu’ils doivent posséder leur propre État, refuge pour tous les Juifs persécutés. En 1895, il adhère à la thèse du sionisme et le 15 février 1896, il publie « D er Judenstaat » (L’État des Juifs), un livre dans lequel il appelle à la création d’un État pour les Juifs.
1917
Lord Balfour, représentant le gouvernement britannique, adresse à Haïm Weizmann une lettre, la « déclaration Balfour », par laquelle il indique que le Royaume-Uni est favorable à l’établissement d’un « Foyer national juif » en Palestine. La lettre semble avoir deux objectifs : avancer dans la constitution d’une colonie de peuplement pro-britannique près du canal de Suez, et se rallier les Juifs américains, alors que le Royaume-Uni essayait à tout prix de convaincre les États-Unis d’entrer en guerre à ses côtés, contre l’Empire Ottoman. La déclaration Balfour est par contre mal reçue dans le monde arabe. Selon une expression célèbre, « un peuple donnait à un autre peuple la terre d’un troisième ». Il est aussi à noter que les Britanniques avaient déjà promis à Hussein ibn Ali, chérif de La Mecque, la création d’un grand royaume arabe unitaire sur le Moyen-Orient. Il s’agissait d’obtenir la contribution militaire des nationalistes arabes à l’affaiblissement de l’Empire ottoman. La « déclaration Balfour » était donc en contradiction avec cette première promesse. Fin 1917, poursuivant les troupes ottomanes en retraite, les Britanniques prennent possession de la Palestine. Ils y resteront jusqu’en 1948.
1920
Suite à des attaques contre les Juifs, création de la Haganah en charge de la protection des Juifs ayant émigré en Palestine.
1922
Le mandat britannique est officialisé par la Société des Nations (SDN ) en juillet. Le mandat indique que le Royaume-Uni doit « placer le pays dans des conditions politiques, administratives et économiques qui permettront l’établissement d’un foyer national juif et le développement d’institutions d’auto-gouvernement ». Elle doit également « faciliter l’immigration juive et encourager l’installation compacte des Juifs sur les terres ». Le mandat de la SDN prévoit de créer un système politique « autonome », l’Agence juive est donc créée, en charge du pouvoir exécutif. La Haganah devient la branche militaire de l’agence juive. Les dirigeants de la communauté arabe ne reconnaissent pas la validité du mandat de la SDN , un premier « livre blanc » britannique est donc édité proposant de limiter l’immigration juive, et ce, sans l’accord des autres nations..
1939
À compter de 1939, les Britanniques réduisent fortement le nombre des visas accordés aux Juifs voulant se rendre en Palestine, alors même que la pression sur les Juifs d’Europe devient intenable avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et surtout avec le début du génocide des Juifs en 1941-1942.
1939 / 1945
Seconde Guerre mondiale. Extermination des Juifs dans l’Europe occupée par l’Allemagne nazie. 6 millions de morts.
1942
Programme de Biltmore : du fait de l’extermination des Juifs dans toute l’Europe, David Ben Gourion en accord avec les états du Commonwealth, exige la levée des restrictions migratoires et la création d’un état juif.
1946
Ashkénazes et Séfarades, des centaines de milliers de Juifs aspirent à émigrer en Terre Sainte (Eretz Israël, en hébreu), puisqu’ils sont rejetés de l’Europe, mais aucun gouvernement ne veut prendre la responsabilité de les y aider.
1947
L’immigration de 1939 à 1947 est dès lors largement illégale. Elle concerne environ 80 000 personnes fuyant l’Europe. La majorité d’entre eux vient dans l’immédiat après-guerre et sont des rescapés du génocide, essayant d’éviter le blocus britannique. Ceux qui échouent sont placés dans des camps de rétention, en Allemagne ou à Chypre, provoquant un sentiment de solidarité dans le monde occidental. L’Exodus, un bateau qui transporte des rescapés de la Shoah émigrant clandestinement d’Europe, est refoulé par les Britanniques à son arrivée en Palestine. L’affaire bouleverse l’opinion mondiale. Londres porte la question de la Palestine devant l’ON U qui propose un plan de partage. Il prévoit la coexistence d’un État juif et d’un État arabe (résolution 181). Adopté en dépit de l’opposition arabe, le plan entraîne immédiatement la guerre entre Juifs et Arabes.
1948
Massacre dans le village arabe de Deir Yassine commis par l’Irgoun de Menahem Begin et du Lehi de Yitzhak Shamir (110 morts). Fin du mandat britannique. Le 14 mai, David Ben Gourion proclame l’indépendance de l’État d’Israël. Le 15, entrée en guerre de l’Égypte, de la Transjordanie, de la Syrie, du Liban et de l’Irak qui envahissent le pays. Reconnaissance immédiate de l’État hébreu par les États-Unis et l’URSS .
1948 / 1951
Grande Aliyah : près de 700 000 Juifs venus d’Europe et du Maghreb émigrent en Israël, soutenus par la Haganah…
lundi, 24 août 2009
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À la veille de la création de l'État d'Israël, le périple d'hommes et de femmes qui tentent de rejoindre la Terre promise, en dépit de l'opposition britannique. Une bouleversante saga. |
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lundi, 24 août 2009 à 13:00Rediffusions :
À la veille de la création de l'État d'Israël, le périple d'hommes et de femmes qui tentent de rejoindre la Terre promise, en dépit de l'opposition britannique. Une bouleversante saga. Épisode 1 Douloureuse épopée |
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