Synopsis : Antoinette (Miou-Miou) et sa fille Stella (Vahina Gociante) résident sur la côte d’azur, où la première est femme de chambre au sein d’un luxueux complexe hôtelier et la seconde danseuse dans une boîte de nuit saturée de stroboscopes et de rythmes électroniques musclés. Antoinette rêve de conduire Stella, blonde et juvénile, vers un avenir radieux. Lorsqu’elle aperçoit Romanski (Elie Semoun), un agent immobilier de passage sur la côte, il lui vient l’idée de provoquer une rencontre entre sa fille et cet homme qu’elle estime convenable. Dans un univers où le culte des apparences conditionne les mentalités, sa tromperie inhérente va rejaillir sur la destinée de ces trois personnages…
Critique : Depuis son premier long métrage de fiction, « Grande Petite » (2000), Anne Villacèque réfléchit à un cinéma parfois ironique mais foncièrement oppressant, où le malaise et la figure féminine sont primordiaux. Avec un soin tout particulier pour le cadrage et un penchant pour le laconisme, sa mise en scène travaille au surgissement de l’équivoque en corollaire de la violence. La réalisatrice a trouvé en Miou-Miou une comédienne idéale, elle dont le visage peut passer de l’émotion au grotesque et de la laideur à la beauté avec une vélocité saisissante. Volontiers séduite, ces derniers temps, par des projets atypiques (le remarquable « Folle embellie » de Dominique Cabrera, il y a deux ans, où elle incarnait une mère de famille internée dans une institut psychiatrique, puis jetée sur les routes de l’exode, dans la France de 1940), Miou-Miou se projette sans réflexe timoré ou précautionneux dans l’univers inconfortable d’Anne Villacèque.
Glaçante, la vision du sud de la France saisie par la réalisatrice, en toile de fond des mésaventures tragiques d’Antoinette, Stella et Romanski, suit néanmoins une logique irrépressible, relayée par le minimalisme du postulat. Elle exacerbe indiscutablement les réactions du spectateur, qui pourra arguer de l’absence d’une quelconque issue à ménager au récit. Plus que le fatalisme, c’est pourtant l’équivoque qui semble triompher durant un épilogue inattendu, où Anne Villacèque met son public en situation, face au devenir de Stella et à la morale qu’il souhaite lui apporter, avec une absence de ménagement et de déterminisme caractéristique de sa démarche.






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