D’Amat Escalante(Mexique – France, 2005, 1h30)
Avec Cirilo Recio, Laura Saldaña, Claudia Orozco…
Prix Fipresci – Cannes 2005
un DVD MK2 - Collection Ciné Découverte
Synopsis : Au Mexique, aujourd’hui. Blanca et Diego forment un couple dont les heures libres sont consacrées au sexe ou au visionnement placide de leurs feuilletons télévisés préférés, deux activités envisagées sous un angle résolument domestique. Katrina, la fille de Diego, sollicite pourtant l’attention de son père de façon désespérée, brisant la monotonie satisfaite du couple et sa somnolence consentie, pour provoquer les crises de jalousie de Blanca. Diego doit choisir, mais se rend compte qu’il n’est pas capable de résoudre un tel dilemme. Au même moment, l’impensable se produit…Critique : Assistant de Carlos Reygadas sur le tournage de « Bataille dans le ciel » (2005), le jeune Amat Escalante réalise aujourd’hui son premier long métrage. Celui-ci trouve son assise dans la perte du langage et la prononciation toujours plus aigue des rapports de classe, qui minent son pays et forment l’une des thématiques principales du cinéma mexicain, d’Alfonso Cuaron (« Y tu mama tambien ») au précité Reygadas. Si, à l’instar de ce dernier, le travail d’Amat Escalante revendique le symbolisme, sa finalité diffère pour s’orienter vers une picturalité où les plans fixes et le choix du cinémascope ne conjurent pas l’ironie, rappelant davantage les élans sarcastiques de l’autrichien Ulrich Seidl (« Hundstage ») ou certains clichés du photographe William Eggleston.
Statique et culotté, le film balance entre une allégorie un rien outrancière (Diego, l’homme du peuple, conduit… une vieille Volkswagen) et une variation silencieuse et violente sur la passivité. Dès qu’un problème survient, Diego s’en débarrasse au lieu de l’affronter. Lorsqu’il se retrouve avec un corps inanimé sur les bras, il ne trouve rien de mieux que de le conduire à la décharge… Il n’y a de fait quasiment aucune action prononcée dans « Sangre », les rares déplacements (les trajets automobiles de Diego) étant judicieusement captés en caméra subjective. La brutalité et le pourrissement sont omniprésents (de l’invective « Puto yo », tagée sur la benne où gît le cadavre, jusqu’à la montagne de détritus qui s’affaisse lentement en direction de Diego). Mais, en lieu et place de la revendication politique, la fixité des plans renvoie plus posément à une forme de démission, manifestée par la peur et de lésarroi qui agrippe littéralement les hommes comme Diego. Amat Escalante chante leur tristesse, avec la dureté de la poésie et le rire jaune du désespoir.
Julien Welter
Complément du DVDChronique du tournage de Martin Escalante et Kenny Johnson (9 min.)
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Sangre
D’Amat Escalante
(Mexique – France, 2005, 1h30)
Avec Cirilo Recio, Laura Saldaña, Claudia Orozco…
un DVD MK2- Collection Ciné Découverte
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Une parabole culottée et mexicaine sur le sentiment d’inhibition.
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