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Metropolis

Le magazine culturel hebdomadaire d'ARTE - Tous les samedis à 14h45

> Samedi 12 juin 2004 à 23h30 > Exposition - Elsa Schiaparelli

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2004.06.12 - 23.30 : metropolis - 11/06/04

Schiap is back

Schiaparelli. Un nom que l’exposition du Musée de la Mode et du Textile, rue de Rivoli, nous fait redécouvrir, cinquante ans après la fermeture de sa maison de couture en 1954. Schiaparelli est de retour, avec sa fantaisie, son extravagance, sa créativité, et l’on se presse ici pour admirer ses vêtements, ses bijoux, dont l’audace et la modernité font toujours merveille.

Elsa Schiaparelli naît à Rome en 1890 de parents aristocrates et érudits. Elle grandit dans un palais renaissance et reçoit l’éducation rigide dispensée aux jeunes filles de la noblesse. Entravée par les conventions imposées aux femmes de sa classe sociale, « Schiap », comme elle se surnomme elle-même, saisit la première occasion pour jouer les filles de l’air. Lors d’un voyage à Londres en 1914, - elle a 24 ans -, elle s’éprend d’un jeune aristocrate désargenté, théosophe de surcroît, et l’épouse. La famille d’Elsa n’apprécie guère les penchants mystiques du jeune marié, et leur coupe les vivres.

En 1916, le couple part pour l’Amérique. Pendant la traversée, Schiap croise pour la première fois l’avant-garde artistique de ce début de XXième siècle en la personne de Francis Picabia, le peintre dadaïste, et de sa femme Gabrielle. A New York, ils lui font rencontrer Marcel Duchamp, qui travaille à ses premiers « ready-made » révolutionnaires, et le photographe Man Ray. En 1922, à 32 ans, séparée d’un mari volage dont elle a eu une petite fille, lasse d’exercer des emplois alimentaires et sans avenir, Schiaparelli décide de prendre un nouveau départ à Paris.
Elle y retrouve Gabrielle Picabia qui l’héberge un temps et lui présente Paul Poiret qui règne alors en maître sur la mode parisienne. Séduit par la forte personnalité d’Elsa, Poiret lui offre un manteau et bientôt toute une garde-robe avec pour seule exigence qu’elle porte ses vêtements lors de ses sorties.

Janvier 1927 : styliste dans une petite maison de couture, Elsa Schiaparelli dessine pour son compte et en manière de jeu sa première création, un vrai coup de maître : un chandail tricoté de façon totalement inédite avec une maille très serrée et indéformable. Un commerçant américain de passage à Paris, enthousiaste, lui en commande 40 exemplaires. A New York, le succès est immédiat, les élégantes font du « sweater » un vêtement chic. Moins d’un an plus tard, Schiap ouvre l’enseigne « Schiaparelli Pour le sport ». Elle crée des pulls, des vêtements de ski, de tennis, des maillots de bain dont le grand magasin américain Saks réclame immédiatement l’exclusivité. Mais Schiap ne veut pas se limiter au « sportswear ».
Une de ses premières robes du soir, simple fourreau agrémenté d’une veste, du jamais-vu à l’époque, sera copiée dans le monde entier.
Les années trente seront sa décennie. Elle ouvre une boutique à Londres et fait sensation dans les soirées mondaines rapportées dans le magazine Vogue.
Elle crée des sensations tactiles et visuelles nouvelles. Elle expérimente sur les coupes, renforce les épaules, allonge la silhouette, affine les hanches. Elle teste de nouveaux tissus : une dentelle cirée pour cette robe ou ces étoffes à effet froissé qui préfigurent les plissés d’Issey Miyaké. Ses boutons, une de ses marques de fabrique, prennent des formes inédites, quand ils ne sont pas remplacés par des anneaux de rideaux ou de simples clips.

En 1935, elle s’installe au numéro 21 de la place Vendôme, dans un somptueux immeuble de 98 pièces où elle regroupe toutes ses activités et ouvre la toute première boutique d’accessoires et de vêtements « prêts à emporter ».
La place Vendôme, c’est le seul espace qu’elle partage avec Coco Chanel, sa rivale acharnée qui la qualifiait perfidement d’« artiste italienne qui fait des robes », raillant ses collaborations
artistiques. Car Schiap veut aller « au-delà de la réalité matérielle et ennuyeuse qu’est la fabrication d’une robe à vendre », comme elle l’écrira plus tard. Elle se lie d’amitié et collabore avec les artistes les plus novateurs de son temps, comme Jean Cocteau…ou comme Picasso qui, lorsqu’il fait le portrait de Nuch Eluard, cite l’univers d’Elsa : ses chapeaux… et ses broches originales.

Picasso, dont l’idée de peindre des gants sur des mains, photographiées par Man Ray, est reprise en négatif par Schiaparelli avec des gants aux ongles peints…
La main, chère à l’iconographie des Surréalistes…
Schiap invente les collections à thèmes et Man Ray s’inspire de sa « Commedia dell’arte » de 1939 pour son tableau Le Beau Temps. Mais c’est avec Salvador Dali que l’échange est le plus riche et le plus délirant : une robe qui appartiendra à la duchesse de Windsor se retrouve ornée d’un homard… suggestif, agrémenté de quelques brins de persil…
…Gala porte un chapeau…soulier, d’impeccables tailleurs arborent des poches-tiroirs, tiroirs que l’on retrouve dans la peinture et les objets de Dali.
Le cinéma, le théâtre aussi, font appel à Schiaparelli : elle habille entre autres Arletty et Mae West qui prêtera ses formes voluptueuses au flacon de « Shocking », le plus célèbre parfum de Schiap.
Shocking, c’est aussi le nom de sa couleur fétiche, un rose éclatant. Un rose qui irradie encore le monde de l’art et de la mode, 50 ans après la dernière collection Schiaparelli.
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Actualité
Elsa Schiaparelli
jusqu'au 29 août 2004
au musée de la Mode et du Textile
107 rue de Rivoli
75001 Paris
Tél : 33 1 44 55 57 50
>> Site internet

>> Site internet d'Elsa Schiaparelli

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METROPOLIS
Réalisation: Alexandre Pilard et Frédérique Cantù
Samedi 12 juin 2004 à 23h30
Rediffusion le dimanche 13 juin à 17h45
Rédaction: ARTE France, Online Productions
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Edité le : 11-06-04
Dernière mise à jour le : 11-06-04