Avec Donnie Yen, Leon Lai, Charlie Young
Synopsis : Au XVIIe siècle, dans la Chine médiévale, un monarque décide de bannir la pratique des arts martiaux, afin de mieux contrôler ses sujets. Cet édit donne lieu à une répression sanglante, menée par des hordes des chasseurs de primes mués en coupeurs de têtes. Quelques chevaliers s’y opposent et gravissent les montagnes, afin d’y chercher l’aide de maître Shadow-Glow. Celui-ci leur adjoint de valeureux disciples, ainsi que des sabres d’une qualité exceptionnelle. Composé d’un groupe de sept combattants, ils se portent à la rescousse d’un village promis à l’extermination. Mais les obstacles se multiplient…

Le trailer du film (Real Video)
L'interview avec Tsui Hark (Real Video)Critique : Après un détour incertain par Hollywood, à la fin des années 1990, on avait quelque peu perdu la trace de Tsui Hark, réalisateur-producteur parmi les plus excentriques de HongKong, de films d’animation en suites absconses à ses succès passés. A ce titre, « Seven Swords », une adaptation d’un récit de chevalerie sombre et idéaliste qui lui permet d’échafauder une production épique une fois encore à géométrie variable, se présente comme une bonne nouvelle. Toujours désireux de remodeler le visage du film de sabre, Tsui Hark ne s’est jamais ménagé, et certains de ses films semblaient apporter une réponse définitive à la question (dont « The Blade », un récit de vengeance lourd et menaçant devenu un modèle apparemment insurpassable).
« Seven Swords » est, il est vrai, à contre-courant, notamment de cet esthétisme fin et méticuleux, célébré jusqu’à son exportation récurrente vers les écrans occidentaux. De combats où le souci de revenir aux contraintes de la pesanteur semble fréquent à toute une digression passionnante et imagée sur les alliages de métaux qui s’entrechoquent bruyamment, on est loin de la vélocité souvent drôle, voire bouffonne, qui a longtemps prédominé chez Tsui Hark, notamment dans la série « Il était une fois en Chine » avec Jet Li. Peu porté sur le sensualisme ou la poésie des combats virtuoses chorégraphiés en ballets, que Tsui Hark juge probablement galvaudé, « Seven Swords » revient à une brutalité féodale, teintée de nihilisme. Les plans longs ou contemplatifs sont privilégiés, quand les effets numériques sont réduits à un minimum qui semble relever d’une réelle volonté de proposer une approche différente du « wu xia pian », relayée par une fascination pour les armes massives aux reliefs disgracieux. Tsui Hark n’en est pas devenu académique pour autant. D’ellipses plutôt originales en intrigues parallèles et habiles, rehaussées par des flash-back intelligents, il semble mener sa quête orgueilleuse et excessive de main de maître, accompagné d’une nouvelle génération d’acteurs qui le repositionnent dans le paysage actuel de la production hongkongaise.
Julien Welter
Seven Swords
De Tsui Hark
(Hong-Kong/Chine/Corée, 2005, 2h20)
Avec Donnie Yen, Leon Lai, Charlie Young
Film d’ouverture – Hors Compétition






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Après vingt-cinq ans d’une carrière menée pied au plancher à HongKong, le déraisonnable Tsui Hark est demeuré sur le qui-vive. Il tente encore de se renouveler avec ce récit de chevalerie ample et macabre.
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