Snow est le premier long métrage d’Aida Begic mais aussi le premier film produit par une femme en Bosnie, pays en guerre dans les années 90. C’est cette période de l’histoire que la réalisatrice a voulu exhumer et immortaliser, en réaction au silence qui entoure ces événements dans son pays. On pourrait s’attendre à un scénario larmoyant ou violent, comme dans de nombreux films abordant ce sujet, mais, au contraire, on nous propose une vision pudique et féminine de la guerre. L’accent est mis sur les conséquences humaines et non sur les combats, la lutte même.Le spectateur se trouve dès la première scène plongé au cœur d’un petit village isolé de la ville et de la guerre, où l’attente ronge le quotidien des quelques femmes et enfants restés sur place. On se retrouve entraîné dans leur quotidien grâce à la récurrence et la simplicité des actions. Entre fabrication de compote de prunes et confection de tissus, une tranquillité pesante s’installe, laissant le spectateur et les personnages dans le doute. Qu’est-il arrivé aux hommes qui sont partis au combat ? Tant que cette question ne trouvera pas de réponse, l’impossibilité, pour ces femmes, de faire leur deuil continuera de les oppresser.
Remarquable tout d’abord par son rendu visuel, Snow est un film poétique et atemporel dont la maîtrise de la lumière et des paysages touche le spectateur. Son réalisme nous donne un aperçu saisissant de la situation méconnue de ce pays et du drame qui s’y est déroulé. D’abord assez lent, le film prend de l’ampleur dès lors que le destin de ces personnages est bouleversé par l’arrivée de deux hommes qui vont accélérer dramatiquement la tournure des événements. La certitude que leurs maris ou pères ne rentreront pas, l’avenir du village incertain, la neige paralysante obscurcissent l’horizon. Le printemps viendra-t-il ?Arnaud Schmitt/ Nadège Robin (Nantes)







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