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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

01/06/04

Son frère

(France 2002, 95 min.)

DVD ARTE Vidéo - Commander le DVD

Réalisation : Patrice Chéreau
Interprètes : Bruno Todeschini, Eric Caravaca, Maurice Garrel, Antoinette Moya, Fred Ulysse...

Ours d'argent Berlin 2003




Extrait du film:
Haut débit---Bas débit



Entretien avec...
Patrice Chéreau
(Entretien: Wolfgang Kabisch)

Haut débit---Bas débit
Bruno Todeschini
(Entretien: Olivier Bombarda)
Haut débit---Bas débit
Eric Caravaca:
(Entretien: Olivier Bombarda)
Haut débit---Bas débit


Synopsis : Thomas se meurt d’une maladie du sang. Désorienté, il se rend chez son frère Luc qui l’accompagnera désormais jusqu’à ses derniers jours.

Critique: Suite au film choral « Ceux qui m’aiment prendont le train » (1998) Patrice Chéreau avait ressenti le besoin de se concentrer sur une histoire simple et autours de deux personnages. L’histoire d’ « Intimacy » (Ours d’Or en 2001) s’ancrait ainsi dans un univers clôt (un appartement londonien), Chéreau étant animé principalement par l’idée de la captation des corps, de leurs mouvements, de leurs étreintes. Aujourd’hui « Son frère » adapté d’une nouvelle de Philippe Besson relève de la même démarche, la poursuite de l’enregistrement d’une intimité, ici entre deux frères, une relation qui se trouve paradoxalement revisitée et vivifiée dans la perspective de la mort de l’aîné. La grande réussite du film provient comme souvent chez le cinéaste français de sa musicalité particulière, celle des dialogues, des chevauchements de phrases, d’un respect marqué pour les silences et les sons environnants. Pour ce récit très sombre et servir sa partition, Chéreau s’approche intensément de ses deux comédiens, Bruno Todeschini, meurtri, et Eric Caravaca, symbole du regard. Ensemble, ils vibrent d’un accord parfait et une sensualité forte, profonde émanent de ce couple fraterlel. Chéreau frôle ainsi une chose rare au cinéma, réussir à dire l’indicible de ce qui est l’amour entre deux êtres issus du même ventre, un amour fait d’admiration, de peurs, de violences, de souffrances, de frustrations mais aussi d’une compréhension sensitive de tous les instants, sans mots, par ultrasons. La maladie de Thomas dans sa part de réalité crue, l’hôpital, l’urine, le sang donne à « Son frère » parfois un aspect insoutenable et le film, après vision, se digère avec lenteur.
Un temps nécessaire pour l’éclosion de son parfum, pénétrant et inaltérable.

Olivier Bombarda

Critique : Les deux frères si différents sont assis sur un banc dans un décor de falaises bretonnes, ils écoutent un vieil homme leur parler des noyés que le courant ramène vers la plage, toujours au même endroit. C'est là, dans la résidence secondaire des parents, que Thomas passe les derniers jours de sa vie aux côtés de son frère Luc. Car il a décidé d'arrêter le traitement à la cortisone qui l'aidait à survivre. Bientôt, il se servira de la nature pour décider de son sort plutôt que de s'en remettre à des médecins impuissants. Thomas, naguère toute la fierté de la famille et qui le savait bien, n'a plus envie de se battre, il préfère se laisser mourir. Dans cette dernière parenthèse de vie, Patrice Chéreau évoque la relation entre deux frères très dissemblables, où la mort imminente vient redistribuer les cartes. Luc, homosexuel introverti prétendument faible et mal-aimé de la famille, s'avère être le seul soutien de son aîné après des années de silence. Mais Luc garde ses distances, car cet appel au secours ne fait que le replonger dans son ancien rôle de 'petit' frère. Impressionnante cette façon qu'a la caméra de capter au plus près la déchéance du corps et du visage dans un univers hospitalier stérile. L'idée de Chéreau n'est pas de brosser une critique de société, mais de porter un regard hyperréaliste et sans fard sur l'approche de la mort qui laisse les humains totalement démunis et sans défense. Il amène les membres de cette famille à faire un retour sur eux-mêmes, bouleverse leur existence sans leur donner aucune chance de lui résister. Mais le dénouement du film est d'une grande beauté : " Son Frère " ressemble à un tableau où le silence et les mots partagés recréent par petites touches l'empathie puis finalement la réconciliation entre deux frères.

Martin Rosefeldt

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Les bonus de "Son frère"

Les entretiens : Plutôt que de proposer une succession d’entretiens qui risqueraient la redondance, le DVD opte pour un montage thématique où interviennent les principaux acteurs d’une l’équipe par ailleurs particulièrement réduite, en raison d’un budget minimum et d’un tournage rapide. Les propos des deux comédiens se mêlent à ceux de la scénariste Anne-Louise Trividic, dont la voix douce et concentrée sur le travail d’écriture contraste avec le discours de Patrice Chéreau, axé sur toutes les étapes de la production et détaillées en de petites phrases percutantes qui lui sont familières (ses interventions se précisent tout au long de la version commentée du film, qui ne fait absolument pas double emploi). Ces deux séries de commentaires permettent d’accorder une certaine poésie à une mise en scène que l’on avait surtout perçue comme âpre et étouffante, en particulier lors des scènes tournées à l'hôpital, où le souci documentaire conduit à filmer des passages dans leur continuité, comme celui où Thomas est épilé en vue de son opération. D’ailleurs, malgré son souci de vérité et une précision "au scalpel", Chéreau prouve qu'il est un cinéaste profondément romantique, comme en témoignent les quelques scènes oniriques du film, qui aèrent le climat en lui conférant un lyrisme indéniable, ainsi que deux scènes coupées, présentées en bonus, qui tempèrent la sécheresse de certains passages.
Filmographie : quelques bandes-annonces des précédents long métrages de Patrice Chéreau rappellent que celui-ci, au-delà d’une mise en scène des corps qui lui est propre, avait déjà abordé le thème de l’agonie avec le personnage de Charles IX (interprété par Jean Hugues Anglade) dans La Reine Margot en 1994.
Julien Welter
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DVD ARTE Vidéo - Commander le DVD

Edité le : 01-06-04
Dernière mise à jour le : 01-06-04