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JOURNAL DE LA CULTURE - 08/03/07

Stanislas Nordey : Électre

Immortalisée par Euripide et Sophocle, Electre est la fille de Clytemnestre et d'Agamemnon, vainqueur de Troie. Clytemnestre, avec l'aide de son amant Egisthe, tue Agamemnon. Electre s'enfuit de Mycènes, cachant sous sa robe son jeune frère Oreste, qu'elle confie au précepteur de son père… Au théâtre National de la Colline, Stanislas Nordey, metteur en scène mais aussi directeur de l'école du Théâtre National de Bretagne, met en scène Electre de Hugo von Hofmannsthal.

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Sa particularité ? "C'est une œuvre écrite sous Freud dans le sens d'une œuvre écrite sous acide" nous dit Nordey. A la fin du XIX siècle, très influencé par Freud, Hofmannsthal écrit l'un des premiers manifestes pour la puissance féminine. Il élimine tous les protagonistes masculins et livre un huit clos étouffant et brutal entre trois femmes : trois façons d'affronter le tragique.
Au théâtre national de la Colline, Stanislas Nordey puise à même le texte d'Hugo von Hofmannsthal pour donner à son Electre une force et une profondeur tragique bouleversante. Entre chien et loup se déploie le mythe d'Electre sans effet superfétatoire et servi par des acteurs d'exception. Une mise en scène d'une rare pureté.

Stanislas Nordey : "C'est la seule Électre dans tous les mythes et les réécritures des mythes d'Electre qui meure à la fin. Et elle ne meurt pas parce qu'on la tue mais elle meurt d'épuisement. [...] Elle ne fait rien du tout, elle a un corps sec qu'elle entraîne et qui est tendu vers une seule chose c'est tirer Egisthe et Clytemnestre vers la tombe et puis les y suivre juste après."

Dans le rôle titre, l'actrice Valérie Lang atteint des sommets de justesse au plus prêt du texte, au cœur de la tragédie…

Valérie Lang : "Ca raconte la brutalité de la destinée de chacun d'entre nous, à la fois sa brutalité et en même temps la difficulté de choisir. Mais en dehors du mythe, ça raconte quand même la question du déterminisme et de la liberté".

"Ne me ferez vous pas mourir à la fin avec vos discours et vos contradictions, désormais je ne veux plus entendre ceci est vérité et cela est mensonge…"

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Adresse
du 3 mars au 6 avril 07
Théâtre de la Colline
15, rue Malte-Brun, Paris
>> Théâtre National de la Colline
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Le Journal de la culture
Mars 2007

Edité le : 08-03-07
Dernière mise à jour le : 08-03-07