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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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18/01/12

Stas Baretzki - Anarchy in Moscow - Tracks

Un reportage de Sasha Gankin et Mina Angela Ighnatova

Vingt-deux ans après la chute du mur de Berlin, une nouvelle onde de choc fait trembler les murs du Kremlin. Trop occupés à s’empiffrer avec le gâteau capitaliste, les nouveaux maîtres de Moscou n’ont pas vu venir cette révolution des bas-fonds, initiée par le tombeur de ces dames et pacha du Mat Rap : Stas Baretzki.

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« Je fume des cigarettes fines, les autres sont trop fortes, je les supporte pas… Alors tout le monde se fout de ma gueule, mes potes me traitent de pédé, les enculés ! »

Comme le blues tient sur trois accords, le Mat Rap se décline sur quatre mots : Bite (bip), Chatte(bip), Baise(bip) et Pute(bip).

Armés de ces quatre perles, Stas écrit des chansons entières. À 37 ans, cet ancien fossoyeur est devenu le pape des "dirty lyrics" flambées à la vodka.

En businessman avisé, Baretzki a investi ses premiers roubles dans une splendide "datcha", "maison de campagne", en russe.



« Je suis pour le capitalisme. C’est dommage qu’il se soit cassé la gueule avec la crise… Mais le capitalisme doit exister, putain, tu gagnes de l’argent, tu t’achètes une maison ! »

Depuis 2003, Stas Baretzki règne sur le Mat Rap. Né près de Saint-Petersbourg, à Lomonosov, surnommée « Rambo » pour son taux record de criminalité, Stas reste fidèle à la terre qui l’a vu grandir.





En quelques albums, Stas Baretzki a sorti le Mat Rap de la clandestinité. Tiré de l’expression « Yob Tvoyou Mat », "nique ta mère" en russe, ce dirty rap s'inspire de l'argot obscène censuré sous l’ère communiste et parlé par tous en cachette.

 



Propriétaire d’une entreprise de pompes funèbres, Stas Baretzki enregistre ses tubes dans un studio de Lomonosov qui voit défiler les plus grandes stars locales.

« J’ai jamais voulu être chanteur. Mon oncle travaillait au cimetière et il m’emmenait toujours avec lui, et je voulais devenir comme lui, directeur de cimetière : m’acheter une grande voiture soviétique, une Volga, me promener, rien foutre et encaisser le fric. »





"C’est la crise, putain, faut chanter ! Maintenant en Russie on revient vers le système du troc : tu fais un concert et on te file une caisse de bières, tu vas au kiosque, tu la vends, et hop, voilà de la thune ! Et si tu veux financer une tournée… disons,  250 concerts, il faut que tu vendes ton appartement."

« Quand j’avais 14 ans, j’ai commencé à écrire de la poésie, c’est comme ça que je suis arrivé à la musique. Mais je cachais mes poèmes sous le matelas, j’étais timide et j'avais honte. Maintenant j’écris pour mes potes. Et si je ne glisse pas de grossièretés dans la chanson, ils vont me dire : « où est la musique, enculé, c’est quoi cette chanson »… Mais si c’est suffisamment vulgaire, y’a plus besoin de mélodie. »




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vendredi, 27 janvier 2012 à 01:00
Pas de rediffusion
(France, 2011, 52mn)
ARTE F

Edité le : 18-01-12
Dernière mise à jour le : 18-01-12