Sortie du 26 juillet 2006 - 30/07/06
Stay
Une déambulation sinueuse et plastique, dont il vaut mieux ne pas prendre au sérieux les prétentions oniriques.
De Marc Foster
(2006, USA, 1h40)
Avec Ewan McGreggor, Naomi Watts, Ryan Gosling, Bob Hoskins…
Synopsis : Psychiatre réputé, Sam Foster traite habituellement des cas évidents, tels les patients clairement identifiés comme cas névrotiques. L’une des ses plus belles réussites professionnelles reste à ses yeux sa compagne, Lisa, une artiste instable qu’il a sauvée d’une tentative de suicide. Henry Letham est par contre une âme torturée, un étudiant universitaire fasciné par le côté romantique de la mort. Il devient par hasard le patient de Sam. Peu après leur rencontre, Henry choque le thérapeute en lui révélant son intention de se donner la mort. Sam se lance dans une quête obsédante pour le garder en vie et la succession des séances de consultation amène les identités du patient et du médecin à se brouiller, pour se dissoudre l’une l’autre. Les deux hommes se retrouvent pris dans un univers intermédiaire…
Critique : Distinguée par un drame sudiste foncièrement scolaire (« Monster’s Ball » avec Halle Berry) et une illustration de insipide de la vie de Sir James Matthew Barrie, l’auteur de « Peter Pan » (« Neverland » avec Johnny Depp), la carrière de Marc Foster s’autorise aujourd’hui la coquetterie d’un film mental et sinueux, garant d’un style que Nicolas Roeg (« L’homme qui venait d’ailleurs »), a pérennisé durant les années 1970, avant que la mode ne s’asphyxie elle-même, à force de prétendus éclairs de génie abscons et poseurs. Pour Marc Foster, la présence de figurants démultipliés, de raccords illogiques et autres objets insolites mis en valeurs par des cadrages emprunts de caligarisme suffirait à créer un climat déroutant, où la mise en défaut de la psychologie relèverait naturellement, sinon de l’audace, du moins d’une incontestable originalité plastique.
Pourtant, dès qu’Ewan McGreggor, psychiatre aux allures de vieux garçon, exhibe ses pantalons trop courts, le spectateur ne retient que la vision divertissante de ses chaussettes, loin en cela de tomber dans ces abîmes d’onirisme dévoilés par une réalité vacillante. Censée elle-même brouiller les pistes selon un effet facile et contrapuntique, la musique se superpose à cette tambouille visuelle basée déjà sur la concomitance des faits avérés et des multiples projections de l’esprit. A ce jeux-là, Ryan Gosling en devient grotesque, alors qu’il était mémorable dans « Calculs meurtriers » de Barbet Schroeder, ou même savoureux au hasard de « N’oublie jamais », une bluette navrante de Nick Cassavettes. En arguant d’un plaisir coupable, on aura compris que l’appréciation de « Stay » implique de ne justement pas prendre au sérieux les prétentions manifestes de Marc Foster, cinéaste outrageusement surestimé, afin de mieux distinguer le comique involontaire de ce film comme un garant de son appartenance à la catégorie circonstancielle des nanars estivaux.
Julien Welter
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Stay
De Marc Foster
(2006, USA, 1h40)
Avec Ewan McGreggor, Naomi Watts, Ryan Gosling, Bob Hoskins
Sortie du 26 juillet 2006
Edité le : 25-07-06
Dernière mise à jour le : 30-07-06