« Jamais je n’ai aimé davantage notre vieille terre que dans ces dernières années d’avant la Première Guerre mondiale, jamais je n’ai espéré davantage l’unification de l’Europe, jamais je n’ai cru davantage en l’avenir que dans ce temps où nous pensions apercevoir une nouvelle aurore. Mais c’était déjà, en réalité, la lueur de l’incendie qui allait embraser le monde. […] Alors, le 28 juin 1914, retentit à Sarajevo ce coup de feu qui, en une seconde, fit voler en mille éclats, comme un vase de terre creux, ce monde de la sécurité et de la raison créatrice dans lequel nous avions été élevés, dans lequel nous avions grandi, et où nous nous sentions chez nous. » |
| Stefan Zweig Le Monde d’hier Souvenirs d’un Européen Traduction nouvelle de Serge Niémetz Belfond, 1993, Paris ISBN 2-7144-2959-9 |
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L’écrivain autrichien Stefan Zweig (Vienne, 1881 - Brésil, 1942) est surtout connu pour ses nouvelles et ses idées humanistes et pacifistes. Sa vie a été bouleversée par la disparition de l’Empire austro-hongrois, la montée du nazisme et la destruction de ses livres en Allemagne. En 1942, il a le sentiment d’avoir tout perdu, y compris l’univers de sa langue et se donne la mort au Brésil.
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