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Canzone di Laura Betti (Real Audio, 1'30")
Totò e Ninetto (Real Audio, 1'30")
Pasolini (Real Audio, 1'30")L’absence totale de concession de Pasolini en matière d’art et d’idéologie en a fait l’un des fers de lance de la littérature et du cinéma italiens d’après-guerre. Après des études de lettres et d’histoire de l’art, il enseigne quelque temps, avant que l’école mais aussi le Parti communiste ne l’excluent pour cause d’homosexualité. Romancier néoréaliste, il écrit également des scénarios, notamment pour Federico Fellini. En 1961, il décide de passer à la réalisation. Ses films sont souvent des paraboles métaphysiques réunissant des éléments chrétiens, marxistes et psychanalytiques. Comment approcher musicalement une personnalité aussi marquée, une œuvre aussi variée ?
Né à Milan en 1965, Stefano Battaglia veut essentiellement célébrer la coexistence des contrastes chez Pasolini. Dans ses compositions, il utilise cette opposition émotionnelle, l’associe à des références biographiques du poète ou de ses acteurs, parfois cherche des liens musicaux avec les lieux de tournage. Pour mieux accentuer la divergence entre ces multiples aspects, Stefano Battaglia a conçu son projet Re:Pasolini sous forme de double album. Le premier CD réunit le pianiste et des instrumentistes du Pietra Lata Sestetto ; leurs improvisations mélodiques sont empreintes d’une atmosphère mélancolique, assortis ici et là de traits nostalgiques. Le deuxième a été enregistré avec des musiciens qui avaient déjà collaboré avec Louis Sclavis (cf. Le quiz Sélection CD du 20 mars 2007 et su 15 janvier 2004), avec Dominique Pifarély, Bruno Chevillon et Vincent Courtois. Les morceaux plus sombres, lourds, sont reliés par les huit variations de Lyra, comme une musique de film fait le lien entre les images. Battaglia commente ici le rapport conflictuel de Pasolini avec l’Eglise, son radicalisme politique, son assassinat enfin à Ostie, en 1975.
Stefano Battaglia a su faire revivre en musique la personnalité de l’artiste qu’était Pasolini. Avec beaucoup de sensibilité et de toucher, il rend audibles ces scènes d’une beauté bouleversante qui émaillent l’œuvre du cinéaste, tout en dessinant à la fois la force et la fragilité de l’artiste.
Matthias Schneider







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