
Antonia (Real Audio, 0'40")
Impro II (Real Audio, 0'40")
Maple Leaf Rag (Real Audio, 0'40")Enfant surdoué, Bollani fréquente dès l’âge de 11 ans le Conservatoire de Florence où il étudie les classiques et romantiques français et allemands. A 15 ans, lorsqu’il entend pour la première fois du Charlie Parker, il s’enflamme pour cette musique et goûte - en cachette - aux joies de l’improvisation dans des clubs de jazz avec des amis. Après de brillantes études, il préfère ne pas embrasser une carrière de musicien classique, pourtant toute tracée. « J’adore la musique classique, mais l’atmosphère, la rigueur, et l’inconditionnelle fidélité à la partition ne me correspondent pas. »
Stefano Bollani se fait ensuite un nom comme musicien de studio, il accompagne notamment au keyboard le rappeur italien Jovanotti. Le trompettiste Enrico Rava le fait renouer avec le jazz en 1996 ; il enregistre plusieurs albums en duo avec lui. Bollani se produit aussi en concert et réalise des enregistrements avec des orchestres classiques et des big bands, ou concocte des loops et samples. Ce pianiste à la créativité débordante nous fait aujourd’hui la surprise d’un album solo.
Au départ, « Piano Solo » devait être un recueil d’interprétations d’œuvres de Sergueï Prokofiev. Mais rapidement, Bollani sent que ce cadre, trop formel, bride ses ambitions musicales et ses ardeurs stylistiques. Il décide finalement de jouer… ce qui l’intéresse. Le résultat est plus que concluant : l’album, protéiforme, n’en constitue pas moins un ensemble très cohérent. Outre le célébrissime morceau de ragtime de Scott Joplin « Maple Leaf Rag » et la chanson des Beach Boys « Don’t Talk », on y trouve des compositions personnelles qui rappellent Erik Satie, ainsi qu’un morceau de Prokofiev. « J’aime toutes les musiques, le classique, le tango, la musique brésilienne et, bien sûr, le jazz, sous toutes ses formes. »Avec passion, mais aussi avec de jolis clins d’œil, Bollani marie élégamment des styles musicaux très disparates dans une interprétation fervente, ce qui confère à ce remarquable premier album solo une dramaturgie riche en surprises. « Même si on a du mal à se l’avouer, la meilleure musique est souvent composée de molécules toute simples. Plus elles sont simples, plus on peut les combiner. »
Matthias Schneider







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