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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 22 avril 2009 - 20/04/09

Still Walking

Un film de Hirokazu Kore-Eda


( note Arte: 3 ) L’auteur célébré de « Nobody Knows » revient sur la pointe des pieds.

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Synopsis : Une journée d’été à Yokohama. Une famille se retrouve pour commémorer la mort tragique du frère aîné, décédé quinze ans plus tôt en tentant de sauver un enfant de la noyade. Rien n’a bougé dans la spacieuse maison des parents, réconfortante comme le festin préparé par la mère pour ses enfants et ses petits-enfants. Mais, pourtant, au fil des ans, chacun a imperceptiblement changé.

Critique : « Nobody Knows », ou le calvaire de quatre enfants livré à eux-mêmes dans un petit appartement de Tokyo après la disparition de leur mère, est vieux de cinq ans. Entre-temps, son auteur Hirokazu Kore-Eda s’est essayé à un film de samouraïs, « Hana » (2006), qui mélangeait l’humour et l’absence totale des duels au sabre. Refusé par les grands festivals et inédit dans les salles en Europe, « Hana » est un camouflet qui explique peut-être le geste un peu timoré du cinéaste, au moment de concevoir son successeur « Still Walking », d’autant que le scénario se réfère au souvenir de la propre mère de Kore-Eda. L’auteur, qu’on a connu assez radical dans sa démarche (« Afterlife » en 1998 et « Distance » en 2001), donne aujourd’hui l’impression de marcher sur des œufs en dépeignant cette famille japonaise endeuillée. Ce faisant, il n’est plus très loin de l’académisme.

Still Walking
De Hirokazu Kore-Eda
(2008, Japon, 1h55)
Abe Hiroshi, Natsukawa Yui, Takahashi Kazuya…
L’académisme ne va toutefois pas si mal à Kore-Eda. Celui-ci rehausse ainsi son film, par la grâce contenue de certaines scènes qui flirtaient plutôt avec le kitsch sur le papier. A ce titre, l’apparition d’un papillon fonctionne étonnamment bien. Pour sa mère, c’est la réincarnation du fils préféré qu’elle veut attraper et garder auprès d’elle dans cette maison devenue pour ainsi dire un tombeau. Les autres souhaitent plutôt ramener le lépidoptère au dehors. Pour qu’il trouve enfin le repos, ou qu’il leur fiche la paix ? Kore-Eda ne le hurle pas, il le suggère : le grand frère disparu continue d’éclipser les autres. Ils en viendront à se demander s’ils existent vraiment, à l’image des enfants abandonnés de « Nobody Knows » dans leur appartement, dont les voisins ne semblaient pas déceler la présence.
Par petites touches (chez le cinéaste, la dépression est toujours amendée par le choix d’une lumière naturelle et rassurante), Kore-Eda parvient encore une fois à glisser du particulier au général en s’inspirant de la figure de sa mère. Un pied dans chaque monde, le présent et le passé, il livre une nouvelle variante en mode mineur de son thème de prédilection : Ni avec toi ni sans toi. Plus que la mère, c’est cependant le personnage du père qui retient l’attention, ce médecin pas vraiment capable de prendre la mesure des douleurs subies par ceux qui l’entourent.

Julien Welter

Edité le : 20-04-09
Dernière mise à jour le : 20-04-09