Taille du texte: + -
Accueil > Chine > Tambours sur la Digue > Programme

13/12/02

Programme

TAMBOURS SUR LA DIGUE
Sous forme de pièce ancienne pour marionnettes jouées par des acteurs


Jeudi 13 février 2003 à 22h10
Rediffusion le 25 février à 14h30

Créée à la Cartoucherie de Vincennes en septembre 1999 et vue par près de
150 000 spectateurs à travers le monde, cette pièce ancienne pour marionnettes jouée par des acteurs revient en version filmée.

Ariane Mnouchkine reste fidèle à la fable universelle sur le pouvoir et l’aveuglement des hommes, mais sa caméra en renforce la tension dramatique en nous faisant vivre au plus près le jeu des marionnettes, des montreurs et des comédiens.

Texte : Hélène Cixous
Mise en scène et réalisation : Ariane Mnouchkine
(France, 2002-2h16mn)
Avec les comédiens du Théâtre du Soleil : Nicolas Sotnikoff (le Devin), Renata Ramos Maza (Duan), Juliana Carneiro da Cunha (le Seigneur Khang, Madame Li), Duccio Bellugi Vannuccini (le Chancelier), Sava Lolov (le Seigneur Hun), Serge Nicolaï (Tshumi)
Image : Vincent Bataillon et Eric Darmon
Montage : Catherine Vilpoux
Musique : Jean-Jacques Lemêtre
Coproduction : Bel Air Media, Le Théâtre du Soleil, ARTE France, ZDF Theaterkanal, Sceren


Un beau matin d’automne, il y a de cela très longtemps, dans un royaume encore prospère, deux âmes traversent les terres du Seigneur Khang en toute hâte. Le Devin et sa fille, l’intrépide Duan, sont les messagers d’un fléau inouï : une inondation dévastatrice s’annonce. La ville et les campagnes sont menacées.
"Pourquoi les dieux s’en prennent-ils à nous sans raison ?", s’interroge le vieil Empereur. "Ce n’est pas la méchanceté des dieux qui est responsable de la boue du fleuve", lui répond son Chancelier qui, clairvoyant, poursuit : "Il y a eu, durant vingt ans l’acharnement du Seigneur Hun, votre neveu, à couper les arbres du Mont Pourpre qui seuls, pouvaient retenir les berges…"
Mais, déjà le vent se lève, le ciel n’est plus le même. Dans les rizières, on pressent le danger. "Bientôt ce qui ne sera pas sur l’eau sera sous l’eau", chante effrayée Madame Li, la marchande de nouilles. On se raconte, avec angoisse, l’histoire du Seigneur Kyu, qui il y a bien longtemps, confronté à la même menace, avait préféré rompre la digue, inonder la campagne, tuer cent mille paysans pour sauver sa ville et son pouvoir. Pendant ce temps, derrière les portes du palais, l’Empereur se lamente : "Que faire ? Quelle décision prendre ?" Faible et seul, il préfère céder au sommeil pour laisser au destin le soin de faire son choix à sa place. Mais l’aveuglement des hommes laisse trop souvent à l’histoire l’ occasion de répéter ses plus cruels moments…

Des tambours contre des sabres
Nous sommes donc quelques heures avant l’abîme. Les pêcheurs du fleuve l’entendent déjà gronder. La catastrophe est écrite, la mort va triompher une nouvelle fois. Bientôt, la brèche de la digue s’ouvrira et l’eau charriera les corps de tous les personnages de notre histoire

Longtemps, leurs rythmes suffiront à repousser l’armée du Seigneur Hun, assoiffé de pouvoir et désireux de sacrifier les paysans pour sauver ses affaires en ville. Des tambours contre des sabres, des justes contre des guerriers, la vérité contre le mensonge…
Dans ce combat, les femmes guident les pas des égarés. Intuitives, lucides, courageuses, elles font obstacle à la violence des hommes, osent révéler les secrets de la société comme autant de brèches invisibles pour que le cycle de la vie reprenne son cours en paix avec la nature. Mais finalement, ni la vendeuse de lanternes, ni les guetteurs de la digue, ni Huang Po, le chef des paysans ne parviendront à empêcher l’inévitable victoire de la tempête qui triomphera de tous. Pour filmer cette fable en évitant les pièges du théâtre filmé, Ariane Mnouchkine capte la "chair" des marionnettes, leurs montreurs se révélant capables de traverser ces corps inertes des tremblements de la peur, des soubresauts du rêve ou de la violence du désespoir.

Les comédiens qui prêtent leur souffle, leur cri, leur voix aux marionnettes en scène sont filmés en coulisses, en plein travail, entièrement happés par l’image et les gestes du corps qu’ils incarnent. Le dialogue théâtre/cinéma devient alors aussi fort que celui qui unit une scène à son public. C’est cette fièvre de vivre et de résister qui nous gagne derrière l’écran.


Le DVD Tambours sur la digue, édité par ARTE Vidéo, sera disponible en exclusivité au Théâtre du Soleil jusqu'en février 2003 puis dans tous les magasins. Il comprend un bonus "Du théâtre au cinéma".

Edité le : 22-04-04
Dernière mise à jour le : 13-12-02