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Ostinato & Romanian Dance (Real Audio, 4'23")
Lezghinka (Real Audio, 2'38")
In A Persian Market (Real Audio, 6'09")
Au début du vingtième siècle, certains compositeurs européens s’ouvrent aux cultures sinti et romani, et agrémentent leurs partitions d’éléments de la musique tzigane, exotique à l’époque. Ce fut le cas de Béla Bartók, que sa formation portait vers la musique occidentale, qui avait été marqué par l’influence de Brahms, Wagner, Strauss et Debussy, mais qui trouva son vrai langage en étudiant la musique populaire hongroise. Il a écrit des accompagnements de mélodies traditionnelles, mais il a aussi totalement intégré dans certaines de ces œuvres les modes hongrois. Quant au public distingué des salles de concert et des opéras, il appréciait la mystique orientale qui faisait ainsi son entrée dans les temples du classique. Mais jamais le hiatus social et musical ne s’est effacé entre ces deux univers, l’un dédié aux plus glorieuses scènes et l’autre à la rue.
Six ans après le très remarqué « Band Of Gypsies », les Taraf de Haïdouks sortent un album dont le concept surprend. Ils « re-tziganisent » des œuvres de Béla Bartók, Albert Ketèlbey, Aram Khatchatourian, Manuela de Falla et Issac Albéniz. Pour ces douze musiciens tziganes qui ne savent pas lire les notes et dont les familles sont dispersées sur plusieurs villages du sud-est de la Roumanie, c’était une véritable gageure. Ils ne se retrouvaient qu’à l’occasion de concerts, de mariages ou autres festivités. Or, ils jouent traditionnellement par cœur, c’est ce qui fait leur originalité, ce qui donne une couleur particulière à leur musique. Les Taraf de Haïdouks ont dû préparer leur nouvel album avec le soutien de professionnels qui leur ont révélé les particularités de la notation et des structures harmoniques de la musique classique. Leur virtuosité époustouflante donne aux œuvres une tournure inattendue, d’autant plus qu’ils soulignent avec force les éléments tziganes. Et le fait qu’ils jouent sans partition apporte une dynamique endiablée qu’aucun orchestre symphonique ne peut égaler. Avec l’album « Maškaradă », les Taraf de Haïdouks ont réussi un chef-d’œuvre transgenre. Espérons qu’il contribuera à faire progresser la reconnaissance de la culture romani. Matthias Schneider







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