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Mardi, 21.03.2006 à 19h00 - 20/03/06

Tempêtes sur la Chine

Paradis Perdus (2/5)


La Chine a toujours connu le problème du sable de ses déserts du nord-ouest, de Gobi et de Mongolie intérieure. Le Fleuve Jaune en a la couleur et en porte le nom.




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En mars 2004, sous l’égide des Nations Unies, une conférence internationale s’est tenue à Séoul pour débattre de ce problème, car la Corée, le Japon, et les Etats-Unis connaissent eux aussi ces sables venus de Chine et portés par les vents jusqu’en Californie. Sur un front de plus de 1.500 km, les intempéries de la mousson d’hiver ensablent la Chine. Les dérèglements climatiques ont accéléré le phénomène au point qu’une « muraille verte » de plusieurs rangées d’arbres sur plus de 4000 km² paraît être la seule solution pour arrêter les sables.

Si la désertification est un phénomène ancien en Chine, l’accélération du rythme des tempêtes de sable du Nord vers Pékin, inquiète. 13 dans les années 70, 14 dans les années 80, 23 dans les années 90, 11 pour la seule année 2001 et 38 en 2003. Sous l’appellation de programme Dragon, des scientifiques européens partagent avec des scientifiques chinois leurs analyses des données du satellite européen Envisat considéré comme le principal décrypteur de l’environnement.

Le professeur Bob Su de l’Institut International de l’Observation Terrestre aux Pays Bas, est en charge du décryptage et de l’analyse des déserts en Chine en collaboration avec ses homologues chinois de Pékin. Les scénarios les plus sombres de changements climatiques régionaux pour la Chine sont en train de se réaliser. Augmentation de la température moyenne des plateaux Tibétains de l’Ouest, diminution des précipitations et désertification dans le Nord, recrudescence de la force et de la fréquence des tempêtes de sable.

Ces tempêtes naissent à l’Ouest du pays, prennent leur source dans les grands déserts de la Chine du Nord et dans les nouvelles zones désertifiées. Elles se dirigent vers l’Est, recouvrent Pékin, pour continuer jusqu’en Corée et au Japon.Les paysans sont désarmés, ce phénomène leur échappe. Longbaoshan un petit village situé à moins de 80km de Pékin illustre bien ce phénomène. Dans toute la Chine du Nord, un vaste programme de reforestation a été mis en place par les autorités, mais on peut craindre que cela ne soit pas suffisant.

Déjà la Chine ne peut plus nourrir ses campagnes, 200 millions de migrants sont actuellement à la recherche de travail dans les villes. 400 millions sont attendus dans les dix ans L’équivalent d’une ville comme Paris se crée chaque mois en Chine. L’aggravation des dérèglements climatiques globaux s’ajoutent à celle d’une extraordinaire pollution industrielle locale que plus personne ne maîtrise. On peut douter que quelques arbres suffiront à endiguer le désastre.


Collaborations scientifiques :

 HAO YAN, Météorologue, Station nationale de météorologie, PEKIN
 Bob SU, de l'Institut international des sciences et de l’observation terrestre, Enschede, PAYS BAS
 TIO TIO, Botaniste, Yulin, CHINE
 TAN BINGXIANG, spécialiste en imagerie satellitaire, Académie forestiére, PEKIN
 Sur les tempêtes de sable : China Meteorological Administration (CMA) 

À suivre le 22 mars 2006, à 19h00 :  Sumatra, les moissons du feu (3/5) 
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Tempêtes sur la Chine
Paradis perdus (2/5)
Série documentaire de Agnès Sinaï et Yves Billy
Episode réalisé par Richard Prost
(France, 43mn, 2005)
Coproduction : ARTE France, Auteurs Associés
ARTE FRANCE

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Edité le : 15-03-06
Dernière mise à jour le : 20-03-06