THE BURNING PLAIN
The Burning Plain est le premier film de l'excellent scénariste Guillermo Arriaga en tant que metteur en scène . Pour le scénario de BABEL, il fut nominé aux Oscars 2007; AMORES PERROS et 21 GRAMMES sont également de sa plume.
Malheureusement, The Burning Plain ne répond pas aux attentes. On retrouve, certes, dans ce film le style caractéristique des scénarios de Guillermo Arriaga, dans lesquels s'entrecoupent et se mêlent les destins de différentes personnes. Cette fois-ci, cependant, il ne parvient pas impliquer réellement le spectateur dans ces quatre histoires d'amour exalté – symboliquement rattachées aux quatre éléments.
Il y a l'histoire de Mariana, 16 ans, incarnée par Jennifer Lawrence, qui apprend que sa mère (Kim Basinger) a une liaison. Par désespoir, elle met au point un plan diabolique qui changera sa vie à tout jamais. Il y a aussi Sylvia (Charlize Theron), une femme de Portland, dont la vie est marquée par son passé trouble, et puis encore Gina (Kim Basinger), mère de quatre enfants, qui a une liaison secrète et passionnée avec Nick. Maria, enfin, une fille mexicaine de 12 ans, qui n'a jamais connu sa mère.
Les trois personnages féminins principaux sont d'un blond intense et sont incarnés par Charlize Theron, Kim Basinger et Jennifer Lawrence. Elles sont en permanence suivies par des regards d'homme. Sylvia – incarnée par Charlize Theron, qui est également co-productrice du film – montre dès la première scène qu'elle n'a aucun mal à exposer son corps parfait aux regards. Après une brève relation sexuelle, elle se tient nue à la fenêtre, s'exposant aux regards intrigués d'écoliers sur le chemin de l'école. Kim Basinger également fait la preuve de son caractère passionné lors d'une scène tout à fait explicite. Guillermo Arriega mêle, spatialement et temporellement, ses quatre histoires les unes aux autres, mais le spectateur comprend vite le procédé: on perçoit trop rapidement que le destin de toutes ces femmes blondes est lié. Par ailleurs, il faut bien admettre que Kim Basinger n'est guère crédible dans son rôle de mère de quatre enfants à la campagne. Sa coupe de cheveux toujours impeccable est en total désaccord avec les vêtements insignifiants et mal taillées qu'elle porte.

Guillermo Arriaga
USA 2008, 109 Min.
Avec Charlize Theron, Kim Basinger, Joaquim De Almeida, John Corbett, Jose Maria Yazpik

Dans un autre registre, les symboles employés dans le film sont par trop évidents et récurrents: par exemple, la marque au fer rouge que s'inflige Sylvia - symbole de son amour impossible pour un jeune homme - et qui réapparait constamment dans les différentes strates de la narration. Le flash-back final, qui recompose de façon explicite toutes ces strates, paraît lui aussi superflu. Le spectateur n'en avait nullement besoin, car on comprend très vite où veut en venir le film.
VALENTINO - THE LAST EMPEROR
Valentino - The Last Emperor n'est pas un documentaire très original, même si La Repubblica lui consacre un long article et renvoie aux dernières pages de la rubrique culturelle les deux films en compétition du jour. Valentino, alias Valentino Garavani, ne hante pas seulement les médias italiens, il hante également tout le film. Le metteur en scène et producteur américain Matt Tyrnauer, qui travaille depuis 16 ans chez Vanity Fair, rend un hommage appuyé au couturier italien. Il considère a priori que le spectateur sait de qui il s 'agit: l'inventeur du style « dolce vita ». Même si le film s'avère par trop dénué de critique, il s'impose néanmoins par son caractère amusant et distrayant. Par exemple, quand Valentino a un problème avec les cinq chiens qui l'accompagnent partout: il les saisit alors par la laisse, en prend un sur les genoux et en confie un à son ami Giancarlo Giametti.

Matt Tyrnauer
SA 2008, 96 Min.
Avec Valentino Garavani, Giancarlo Giametti, sechs Möpse

Les deux amis vivent en couple depuis des décennies et sont partenaires en affaires. Durant deux ans, Matt Tyrnauer a suivi le couturier partout: dans son château, sur son yacht, au ski à Gstaad. A partir des 250 heures de prises de vue, Tyrnauer a monté un film qui culmine avec le gala pour le quarante-cinquième anniversaire du maestro; deux mois plus tard, Valentino faisait ses adieux au monde de la couture: arrivederci maestro.
INJU, LA BÊTE DANS L'OMBRE
Depuis près de quatre décennies, Barbet Schroeder trace sa route dans le monde du cinéma et échappe comme aucun autre metteur en scène à toute classification, mis à part peut-être Werner Herzog. Il met aussi bien en scène des productions indépendantes telle que Barfly (1987,avec Mickey Rourke dans le rôle principal) que de grosses productions américaines comme Kiss of Death (1994), ou encore des documentaires tel que L'Avocat de la Terreur (2007, un film à propos de Klaus Barbie); par ailleurs, il a lui même produit des films et joué dans certaines œuvres de ses amis. Ainsi, sans que l'on sache vraiment pourquoi, il a décidé avec Inju, la bête dans l'ombre d'adapter un roman d'Edogawa Rampo (décédé en 1965), qui est considéré comme le "Edgar Allen Poe" japonais. Dans cette oeuvre, on assiste à la rencontre de deux auteurs de romans policiers à succès dont la concurrence finit par aboutir à un combat à mort. Mais contrairement à l'oeuvre originale, il n'est pas question ici d'auteurs japonais. Les scénaristes Jean-Armand Bougrelle, Frédérique Henri et Barbet Schroeder ont « occidentalisé» le sujet et c'est bien là le défaut majeur du film. Alex Fayard (Benoit Magimel), un auteur de roman à succès et spécialiste du mystérieux auteur japonais, Oe, s'envole pour Kyoto. Dans l'avion déjà, il fait un cauchemar: une main tente de l'étrangler et une voix inquiétante le presse de retourner immédiatement en France s'il veut sauver sa vie. Bien entendu, poussé par son orgueil, Fayard ne se laisse pas détourner de son but et veut absolument se mesurer à Oe.

Barbet Schroeder
France 2008, 105 Min.
Avec Benoit Magimel, Lika Minamoto, Ryo Ishibashi, Gen Shimaoka

Durant 100 minutes, Barbet Schroeder nous offre un festival de folklore japonais en insistant sur l'exotisme du pays et de ses habitants: le personnage principal se rend dans un salon de thé très chic, où il épie une geisha avec laquelle il a bientôt des relations sexuelles. Cette dernière s'adonne volontiers à différents plaisirs et, en particulier, ne refuse pas les pratiques sado-masochistes. Elle emporte l'écrivain dans un empire de sens, ce qui non seulement n'est pas très original mais a déjà été filmé de façon beaucoup plus sensuelle. La dimension policière du film n'apporte rien et par moments, Inju, la bête dans l'ombre est même involontairement comique.







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