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I Can’t Believe That You’re In Love With Me (Real Audio)
Moonglow (Real Audio)
Sweet Georgia Brown (Real Audio)Le tout premier festival de jazz américain a lieu en 1954 à Newport. C’est là, sur cette île de la côte Est que Duke Ellington fait un come-back remarqué en 1956, là que John Coltrane enflamme l’auditoire dans ses envolées au saxo avec le quintette de Miles Davis. Dès 1958, les réalisateurs Aram Avakian et Bert Stern rendent hommage au Newport Festival dans un documentaire qui fera date : « Jazz On A Summer’s Day ». Quatre ans seulement après le premier concert sur la côte Est, Billie Holiday « ouvre les hostilités » en se produisant à Monterey, sur la côte Ouest. Ce nouveau festival est le bébé de Jimmy Lyons, lui même musicien de jazz et animateur de radio et de son partenaire Ralph Gleason. Depuis toujours, ils rêvaient d’une « petite clairière dans laquelle les meilleurs musiciens monteraient sur scène pendant un week-end entier de jazz. »
Organisés en pleine nature à la belle saison, ces festivals, qui apportent une bouffée d’air frais par rapport aux clubs de jazz exigus et enfumés, attirent un nouveau public. Depuis les années 50, des familles entières prennent leur bâton de pèlerins pour rallier Monterey et Newport et vibrer avec la communauté jazz. L’important, au-delà des préférences personnelles pour l’un ou l’autre de ces festivals, c’est de voir et d’entendre les musiciens en live.
Pour la première fois, une large sélection des grands moments des deux festivals est éditée sur CD. Les albums du label Verve Records sont joliment présentés, avec des reproductions de partitions originales. Ceux de la collection Monterey Jazz Festival Records proposent des textes récents. La liste des grands noms du jazz est longue : Oscar Pettiford, John Coltrane, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Count Basie et bien d’autres.
En 1957, Coleman Hawkins, son fidèle trompettiste Roy Eldridge et le légendaire batteur Jo Jones montent sur la scène de Newport. Dans « Moonglow », « Day By Day » et « Sweet Georgia Brown », le saxophoniste, qui a influencé des générations de musiciens, accomplit ce grand écart inimitable entre bebop et modern jazz.
Six ans plus tard, le grand Thelonious Monk entre dans le sextette de Coleman Hawkins, dont il avait déjà fait partie entre 1943 et 1945. Dans cet enregistrement à Monterey en 1964, Monk, au sommet de son art, se produit avec son propre quartette.
- Pour donner un aperçu d’ensemble, citons encore les deux compilations « V.A. The Best Of Newport ‘57 » et « V.A. Live At The Monterey Jazz Festival Highlights », à recommander chaudement !
- DVD
Thelonious Monk
« Live In ‘66 »
TDK / Jazz Icons / Naxos
Reconnaissable à ses bonnets et chapeaux en tous genres, Thelonious Monk est un pianiste au style unique, devenu légendaire. « Blue Monk » est sans doute sa composition la plus archétypique : il dissèque la mélodie et joue en contrepoint du rythme. Rendons hommage à la collection DVD Jazz Icons, grâce à laquelle on peut admirer et vénérer le grand prêtre du Bebop dans deux concerts. Dans l’un d’eux, en 1966 en Norvège, où il est coiffé d’une casquette fourrée à oreillettes, il interprète le fameux « Blue Monk ». Pendant que, sous le piano, ses pieds battent la mesure façon powerslide, ses doigts ornés de grosses chevalières virevoltent sur les touches. Un réel plaisir que de voir à l’œuvre son saxophoniste, Charlie Rouse, le bassiste Larry Gales ou le batteur Ben Riley dans leurs solos, et Monk qui, pris par le jeu, ne peut plus rester assis. Se balançant, esquissant des pas de danse, il tourne autour de ses musiciens dans « Lulu’s Back In Town », « ’Round Midnight », « Don’t Blame Me » ou « Epistrophy », tous ces excellents titres contenus dans ce DVD. Un moment de grâce pour l’œil et l’oreille !
Matthias Schneider







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