Les Cramps: pendant 27 ans, ils ont été possédés par le démon du rockabilly. Sur scène c'était toujours l'émeute à chacun de leurs concerts. Le cœur des Cramps, c'était d'abord un couple, l'un des plus endurants du rock, formé par Erik, un gars d'Akron fan d'Alice Cooper, et Kristy, née en Californie. En 72, ils se sont croisés sur une route de l'Ohio et ne se sont plus quitté jusqu'à la mort de Lux en février 2009 à l'âge de 62 ans.
Le duo débarque à New York en 75 et passe ses nuits au CBGB's. Un an plus tard, Kristy choisit de s'appeler Poison Ivy et Erik prend le nom de Lux Interior. Accompagnés du guitariste Bryan Gregory et du batteur Nick Knox, ils fondent les Cramps et donnent leurs premiers concerts. En quelques mois et en pleine frénésie punk, ils deviennent "the next Big Thing" à coup de guitares-tronçonneuses. Le groupe explose et multiplie les concerts-happening, comme celui devenu mythique, devant les patients de l'hôpital psychiatrique de Napa en Californie.
La folie des Cramps, c'était celle des héros perdus du rock'n'roll dont ils recyclaient paroles et mélodies. Ils s'appelaient Phantom, SlimHarpo, Hasil Adkins, les Trashmen, les Novas ou les Standells, et ils nourrissaient les premiers disques des Cramps. De leurs premiers clips marécageux à la scène, les Cramps se sont inventé une image: celle d'un groupe incontrôlable et sans limites.
Lux Interior : "C'est la seule chose qui nous intéresse: la musique populaire venue du blues qu'on appelle le rock'n'roll. C'est différent de la musique rock, qui est un produit des maisons de disque. "
Alors que les punks se voulaient sans futur et sans passé, les Cramps ont jeté des ponts vers les pionniers des 50's. Leur style a fait beaucoup de petits, du psychobilly des années 80 à la vague néo-Burlesque actuelle. Leur devise: "Tear It Up", "Déchire Tout". Ils l'appliquaient sur scène à la lettre, rejoignant dans leur délire un autre massacreur du rock : leur copain Iggy Pop! Entre films de séries Z et rock primitif, l'univers des Cramps a récupéré les déchets des sous-cultures américaines. Sans eux, pas de John Spencer de White Stripes ni de BO à la Tarantino! Depuis quelques années, les Cramps s'étaient fait plus rares. Depuis leur maison de Glendale en Californie, ils avaient relancé le label de leurs débuts: Vengeance Records. Désormais, Lux a rejoint ses idoles.
Lux & Ivy Favorites - Sur le net
Le nouveau numéro du magazine rosab.net - entièrement dédié à la pop - propose aux internautes un extrait d'un mash-up vidéo réalisé par les Cramps en 1983.Sur la demande du collectif nomade bordelais 4 taxis, Poison Ivy et Lux Interior ont réalisé une oeuvre vidéo de plus 4h30, présentée à l'époque dans son intégralité pendant l'ouverture du festival de théâtre Sigma. Les Cramps avaient alors enregistré puis monté des extraits de programmes télévisés américains. Soft porn, spot publicitaire pour le dentifrice côtoient du catch féminin, des courses de voitures ou du gore. Une pièce d'archéologie populaire et de trash culture.
rosab.net a restauré et digitalisé 23mn27 qui sont disponibles sur le site à la lettre C comme Cramps.







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