Les Bérets verts (The Green berets) de John Wayne, Ray Kellog (1968).Sc : James Barrett.Prod : Batjac, Michael Wayne.Int : John Wayne, David Janssen, Jim Hutton.Durée : 2h18.Sous les ordres du Colonel Kirby (John Wayne), un détachement de bérets verts se rend au Vietnam pour aider à la construction d’une base située en plein territoire ennemi. Alors que les fortifications ne sont pas encore achevées, le camp doit faire face à une violente attaque.
A la fin des années 60, l’engagement américain au Vietnam est sujet à de nombreuses controverses. Face au sentiment d’hostilité grandissant de la population vis-à-vis du conflit, Hollywood s’abstient de filmer une guerre de plus en plus impopulaire, à une exception notable près :
Les Bérets verts. Après avoir combattu les peaux rouges sur des Km de celluloïd, l’éternel cow-boy John Wayne décide d’affronter les « rouges » tout court. L’acteur, très conservateur, est, en effet, totalement convaincu de la légitimité de l’intervention en Asie. Il écrit donc personnellement, en décembre 1965, au Président Johnson pour lui faire part de son désir de réaliser un film soutenant l’engagement des troupes américaines au Vietnam. Le Président des Etats-Unis réagit très favorablement à ce courrier et incite le Pentagone à fournir une assistance pleine et entière au tournage du film.
Après avoir imposé diverses révisions au scénario, les forces armées dérouleront le tapis rouge : l’équipe de tournage disposera de la base de « Fort Benning » en Géorgie, des dizaines d’hélicoptères seront fournis et même une section entière de soldats hawaïens sera spécialement détachée pour « jouer » les Vietnamiens. Alors que le coût total de ces « services » s’élève à plus d’un million de dollars, la société de production ne réglera qu’une facture symbolique d’un montant dérisoire : 18 000 dollars.
Un membre du Congrès tentera de s’élever contre cette subvention déguisée, mais sa protestation ne sera suivie d’aucun résultat concret. John Wayne a accompli son devoir de citoyen, à l’écran, en revanche, le résultat se révèle consternant. Troquant les diligences contre des hélicoptères, les Indiens contre des Vietnamiens, John Wayne réalise une espèce de western manichéen, douteux mélange de patriotisme primaire et de racisme ordinaire. Symbole d’une Amérique réactionnaire, le film sera vilipendé par une très grande majorité de la critique cinématographique.