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En 1985, le Britannique Stephen Frears a déjà prouvé son goût pour les petites comédies décalées avec My beautiful laundrette, un film tourné pour la télévision. Avec le succès de Prick up your ears et de Sammy et Rosie s'envoient en l'air la même année (1987), il confirme sa réputation d'excellent chroniqueur de l'Angleterre des années 80. Les liaisons dangereuses, drame en costumes à la distribution prestigieuse, lui permet ensuite de se faire un nom à Hollywood et d'y réaliser Les arnaqueurs (1990) ainsi que Héros malgré lui (avec Dustin Hoffman), qui connaît un échec aux États-Unis. En 1992, il revient dans son pays pour y tourner The snapper (autrement dit, le "lardon", le "moutard"), à nouveau produit par et pour la télévision. Adapté d'un roman de l'écrivain irlandais Roddy Doyle - deuxième volet d'une trilogie dont Alan Parker avait déjà porté à l'écran la première partie (The commitments), et dont Stephen Frears adaptera en 1996 le dernier volet The van -, ce film renoue avec les budgets serrés et les tournages pressés des débuts. Entre la maison et le pub, entre les coups de gueule et l'alcool, il puise dans une réalité sociale peu souriante la matière d'une comédie de moeurs franchement tonique. Plus d'une décennie après, le cinéaste tournera cet oeil acéré de chroniqueur, nourri par un sens aigu du comique et de l'air du temps à la fois, vers les sommets du pouvoir travailliste (The deal, 2003) puis sur la famille royale britannique (The queen, 2006). Consécration ? Il sera en tout cas cette année le président du jury à Cannes.
Ce film est diffusé en version multilingue
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