Avec Zhao Tao, Chen Taisheng, Jing Jue
Synopsis : Tao est une jeune femme qui gagne sa vie comme danseuse dans un parc d’attraction de la banlieue de Pékin, baptisé « The World », où sont édifiées des reproductions miniatures des monuments les plus connus au monde : La Tour Eiffel, le Taj Mahal, Big Ben… Dans cet univers factice, Tao et ses amis, pour la plupart venus des provinces chinoises, rêvent à une vie meilleure. Leurs relations sont artificielles ou stériles, comme si le parc, vitrine touristique du monde et véritable miroir aux alouettes, influait sur leur comportement.
Critique : Le cinéma de Jia Zhang-Ke, qui s’organise autour de longs plans-séquence et prend de l’ampleur grâce à un sens assez remarquable du dépouillement, touche aujourd’hui un point-limite avec ce nouveau film morcelé et creux, où chaque nouvelle tentative formelle, pourtant intrigante, semble au mieux décorative, au pire tombe complètement à plat. Jia Zhang-Ke entend se renouveler en utilisant la musique électronique, les séquences animées et mêmes les SMS, pour stigmatiser à la fois les rapports désincarnés et le monde digital autour duquel gravite la jeunesse asiatique contemporaine.Ces coquetteries s’avèrent un temps divertissantes, mais ne masquent pas le simplisme d’un tel portrait de jeunes chinois attirés par les chimères du nouveau capitalisme. Par le passé, les portraits de Jia Zhang-Ke s’étaient avérés bien plus pertinents, notamment avec « Platform » (2000), qui évoquait les turpitudes de la propre génération du cinéaste, celle du début des années 1980. Depuis le moins conséquent mais néanmoins réussi « Plaisirs inconnus » (2002), Jia Zhang-Ke s’intéresse à la génération suivante, avec laquelle il semble moins en phase, ce qui n’est pas loin de mener son discours vers une forme de réaction plutôt maladroite. Enfin, le choix d’un découpage beaucoup plus important des séquences, ainsi qu’une utilisation peu probante de la DV par son chef opérateur Yu Lik Wai (qui, en tant que réalisateur, avait su bien mieux exploiter cette technique avec le film « All Tomorrow’s Parties » en 2003), donnent à ce quatrième film Jia Zhang-Ke un goût d’inachevé, voire de ratage.
Julien Welter
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The World
(Shije)
De Jia Zhang-Ke
(Chine, 2004, 2h13)
Avec Zhao Tao, Chen Taisheng, Jing Jue






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