Cannes 2005 - Compétition - 23/05/05
Three Times
Un film de Hou Hsiao Hsien
Du cinéma asiatique sophistiqué,
esthétisant et hyper stylisé
Toutes les critiques de films
(Taïwan 2005, 2 h)
Avec : Shu Qui, Chang Chen
Synopsis: Ce film raconte trois histoires qui se situent à Taïwan à des époques et en des lieux différents. Seuls points communs entre les trois parties : elles parlent toutes de nostalgie, de rencontres et d'amour déçu, et elles sont interprétées par le même couple d'acteurs.
La première histoire « A time for love » se situe en 1966 dans une petite ville de province, où un jeune homme s'éprend de l'employée d'un petit salon de billard, alors qu'il s'apprête à partir pour Taipei où il doit faire son service militaire. À son retour, May n'est plus là, elle est partie s'installer dans une autre ville. Le jeune homme décide de partir à sa recherche.
La seconde partie « A time for freedom » se déroule en 1991 en zone rurale. Le propriétaire d'une plantation apprend qu'une jeune courtisane attend un enfant de son fils. Il héberge la jeune fille chez lui, puis part pour le Japon où il doit rencontrer un révolutionnaire chinois en exil. La principale concubine de son fils commence alors à se faire du souci pour son avenir.
Le troisième épisode « A time for youth » se déroule à Taipei en 2005. Zhen, qui travaille dans une boutique de photo numérique, trompe sa petite amie Blue avec la chanteuse Jing, qui souffre d'épilepsie et a par ailleurs une liaison avec une femme. Tous paraissent perdus, et peu sûrs de leurs sentiments.
Critique : Le cinéaste Hou Hsiao Hsien (dont les films étaient souvent en lice à Cannes ces dernières années, la dernière fois en 2001 avec « Millenium Mambo ») parle lui-même de « Three Times » comme d'une sorte de florilège de souvenirs fait de fragments de sa propre vie. Les histoires sont photographiées avec art et narrées sur un mode extrêmement lent. Le second film est même muet, un essai historisant qui paraît un peu artificiel, avec un regard sur les personnages qui est très personnel, sensible et à l'affût du moindre détail.
Et c'est précisément là que réside le problème du film, du moins pour le spectateur. Dans la première partie, la séquence d'ouverture autour de la table de billard, très belle et superbement chorégraphiée, rappelle l'ambiance du film « In the mood for love » (2000) de Wong Kar Wai. La caméra y porte un regard à la fois précis et très discret sur les amoureux, qui ne peuvent montrer ouvertement leurs sentiments l'un pour l'autre et se parlent à peine, ne s'exprimant que par des gestes et des regards à peine perceptibles. Mais ensuite, la perspective devient si personnelle et si intimiste que l'intérêt pour les personnages est mis à rude épreuve et finit par s'affaiblir. C'est la même chose pour le second film, qui est muet et ne fonctionne absolument pas, et surtout pour le troisième volet qui reprend les ficelles déjà usées, y compris dans le cinéma asiatique, de la métaphore urbaine ultra stylisée.
Bref, la structure très raffinée et l'extraordinaire qualité esthétique du film dans son ensemble sont escamotées par l'ennui qui s'empare du spectateur même le plus bienveillant, et demeurent au final à peine perceptibles.
Thomas Neuhauser
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Three Times
Un film de Hou Hsiao Hsien
(Taïwan 2005, 2 h)
Avec : Shu Qui, Chang Chen
Cannes 2005 - Compétition
Edité le : Sat May 21 13:21:16 CEST 2005
Dernière mise à jour le : Mon May 23 16:46:05 CEST 2005